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Décrépitude et avenir incertain pour la maison René-Lévesque

La maison où a grandi René Lévesque, à... (photo Michel Laliberté, collaboration spéciale)

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La maison où a grandi René Lévesque, à New Carlisle, ne paie pas de mine, avec son revêtement en bardeaux défraîchi et sa toiture, ses vérandas et ses fenêtres qui ont connu de meilleurs jours.

photo Michel Laliberté, collaboration spéciale

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(NEW CARLISLE) L'état de délabrement de la maison René-Lévesque à New Carlisle suscite frustration et résignation en Gaspésie. Et l'avenir de la demeure où a grandi l'ancien premier ministre est plus nébuleux que jamais.

La résidence en 1985. Le fondateur du Parti québécois... (photo archives la presse) - image 1.0

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La résidence en 1985. Le fondateur du Parti québécois y a vécu toute son enfance et une partie de son adolescence.

photo archives la presse

La maison de deux étages, bâtie en 1905, a pour adresse le 16, rue de Mountsorrel. Son revêtement en bardeaux est défraîchi, la toiture, les vérandas et les fenêtres ont connu de meilleurs jours, le gazon pousse librement et le terrassement a besoin d'attention.

« C'est déplorable. Et très gênant », reconnaît Jacqueline Mallet. La conseillère municipale, qui habite de l'autre côté de la rue, constate quotidiennement la triste mine de la demeure. « On a des touristes l'été qui s'arrêtent ici pour voir la maison, dit-elle. Ils sont surpris. Ils nous posent plein de questions à savoir pourquoi elle est comme ça. Ils sont très déçus. »

La maison est la propriété de Denis Cloutier. Cet ancien fonctionnaire québécois l'a achetée en 1994. Il avoue d'emblée qu'elle est en mauvais état. Son but était de la rénover et de l'ouvrir au public pour que la population puisse voir où l'illustre homme politique a vécu dès sa naissance, en 1922.

Les années ont passé sans qu'il concrétise son projet.

« Je voulais qu'elle soit comme à l'époque où M. Lévesque y vivait. En chemin, j'ai compris que ça serait difficile. »

En fait, les écueils ont commencé lorsque le gouvernement du Québec a classé la maison « monument historique national » en 1995, souligne M. Cloutier. Dès lors, dit-il, le ministère de la Culture et des Communications s'est intéressé activement à ses plans pour rénover la maison. Mais aucune aide financière ne s'est matérialisée. « Quand venait le temps d'être concret, la couverture disparaissait », illustre-t-il.

De 1997 à 2010, soutient M. Cloutier, rien n'a émané de toutes ses discussions avec le Ministère pour entreprendre des travaux de rénovation. Il évoque des « conditions impossibles » à respecter pour obtenir une subvention pour lancer les travaux. Les sommes à investir selon Québec étaient beaucoup trop élevées, calcule-t-il, refusant d'entrer dans les détails.

DOSSIER EMBARRASSANT

Ce dossier suscite l'embarras dans les officines du Ministère. Bien qu'il dise être au fait de la situation, il ne détient aucun rapport sur l'état de la maison ni d'estimations pour assurer sa restauration, indique sa porte-parole Annie LeGruiec.

En 2012, à la faveur d'une mise à jour de la Loi sur le patrimoine culturel, la maison René-Lévesque est devenue un « immeuble patrimonial ». Les attentes vis-à-vis des propriétaires de tels immeubles ont été revues à la hausse.

« Tout propriétaire d'un immeuble patrimonial classé doit prendre les mesures nécessaires pour s'assurer de la préservation de la valeur patrimoniale de ce bien. »

- Extrait de la Loi sur le patrimoine culturel

Le ministre de la Culture et des Communications Luc Fortin a écrit en février à M. Cloutier pour lui rappeler ses obligations et l'informer que Québec lui offrait une « aide technique et financière » (jusqu'à 40 % des coûts admissibles) pour la restauration de la maison, a dit Mme LeGruiec.

Il n'est pas question d'acheter la propriété, a-t-elle dit, interrogée sur cette option. « Le Ministère souhaite plutôt amener le propriétaire à s'engager dans un projet de restauration et désire établir avec lui un échéancier », a-t-elle expliqué dans un échange de courriels.

« IMPOSSIBLE D'APPROCHE »

La municipalité a également tenté de communiquer avec M. Cloutier pour connaître ses intentions. Les démarches ont été infructueuses. « Il est impossible d'approche », soutient Jacqueline Mallet. Les membres du conseil ont peu d'espoir de voir un jour la maison rénovée, dit-elle.

De son côté, la Fondation de la maison René-Lévesque a offert à M. Cloutier d'acheter la propriété. Peine perdue, souligne Hélène Leclère, membre de l'organisation. « On s'est fait fermer la porte au nez. Je pense que M. Cloutier veut faire son projet seul, sans aide », conclut-elle.

Ce refus de discuter a amené les dirigeants de la Fondation à imaginer un plan B. L'idée de créer l'Espace René-Lévesque est alors née. Le musée à ciel ouvert de 3 millions de dollars sera inauguré cet automne à New Carlisle. Il retracera les grandes étapes de la vie du fondateur du Parti québécois et premier ministre du Québec de 1976 à 1985.

M. Cloutier espère toujours rénover la célèbre maison. Mais las de toute cette situation, disant ne plus avoir la même énergie qu'au moment de son acquisition, il envisage également de la vendre. Il en a discuté avec son notaire.

L'acheteur, insiste-t-il, devra cependant s'engager à ne pas la déménager et à la restaurer « dans le respect de M. Lévesque, de la maison et du site », dit-il.

M. Cloutier n'a pas voulu dévoiler le montant qu'il accepterait pour conclure une transaction. La maison vaut 73 060 $ et le terrain, 16 000 $, selon l'évaluation municipale.




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