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La montée du ballon rond au Québec
Autrefois considéré comme un sport marginal, le soccer occupe aujourd’hui une place grandissante dans le paysage sportif québécois. Peu de personnes ont observé cette montée en popularité d’aussi près que celle que l’on surnomme la « voix du soccer », Claudine Douville. La descriptrice des matchs présentés à RDS s’apprête à couvrir une huitième Coupe du Monde masculine en carrière.
« Quand j’ai commencé à couvrir le soccer, il n’y avait pas grand monde qui en faisait ; il n’y avait personne, en fait », raconte la journaliste, à qui l’on confiait à l’époque tous les sports un peu « bizarres ». « Et le soccer était là-dedans », poursuit-elle.
Au fil des grands rendez-vous internationaux, les foules réunies à Montréal pour suivre les matchs ont grossi, d’abord nourries par les communautés italienne, espagnole et portugaise, puis par un public beaucoup plus large. « Aujourd’hui, tout le monde veut faire du soccer », constate Claudine Douville.
Nouvelle génération, nouvelles ambitions
Aux yeux de Patrice Bernier, cette popularité se remarque sur les terrains de quartier, où la relève est toujours plus nombreuse. « Aujourd’hui, le soccer est le sport le plus pratiqué par les jeunes au Québec. En matière d’inscriptions, ça dépasse le hockey », souligne-t-il.
L’ancien capitaine de l’Impact de Montréal n’aurait jamais cru cela possible à l’époque où il faisait ses débuts dans le circuit professionnel : « Même moi, en grandissant, je n’imaginais pas qu’on pouvait réellement faire carrière dans le soccer comme on le faisait au hockey. »
Selon Claudine Douville, le parcours de son confrère illustre bien cette évolution. « À l’époque, Patrice a dû s’exiler en Europe parce qu’ici, il n’y avait pas les mêmes possibilités. Aujourd’hui, les jeunes peuvent réellement envisager un parcours professionnel, autant chez les garçons que chez les filles. »
Un rendez-vous historique
Du 11 juin au 19 juillet, le Canada sera l’un des trois pays hôtes de la Coupe du Monde de la FIFA 2026, aux côtés des États-Unis et du Mexique ; une première dans l’histoire du tournoi. Des matchs seront disputés à Toronto et à Vancouver à l’occasion de cette édition record, qui comptera 48 équipes et 104 matchs.
Pour Patrice Bernier, voir le Canada et Haïti participer à ce rendez-vous mondial revêt une dimension profondément personnelle. « Quand j’étais enfant, je regardais la Coupe du Monde avec mon père, qui a joué en Haïti. En 2022, c’était à mon tour de la vivre avec mes enfants pendant que le Canada y participait. J’ai l’impression de boucler la boucle », dit-il.
Les deux panélistes, que l’on pourra suivre sur les ondes de RDS, estiment que la montée en puissance de l’équipe masculine confirme que le Canada a sa place sur la scène internationale. Les joueurs binationaux ayant opté pour le maillot canadien le prouvent aussi : « Jamais auparavant de jeunes joueurs n’auraient choisi le Canada plutôt qu’une nation historiquement plus forte. Ils pourraient représenter l’Angleterre, par exemple, mais décident plutôt de jouer pour le Canada. Ça en dit long. »
Le plus important, c’est que les joueurs arrivent en santé, parce qu’il y a eu plusieurs blessures importantes. Mais c’est une belle équipe, qui a ce qu’il faut pour s’imposer. Le groupe est à sa portée : la Suisse demeure un bon adversaire, le Qatar continue de progresser, la Bosnie a déjà surpris de grandes équipes auparavant, mais ce sont des matchs que le Canada peut aller chercher.
Claudine Douville, journaliste sportive, RDS
Des trajectoires fascinantes à surveiller
Aux côtés des grands noms que sont Kylian Mbappé, Lionel Messi et Harry Kane, une nouvelle vague de talents tentera de s’imposer sur le terrain. De jeunes joueurs comme Lamine Yamal, Désiré Doué et Pedri arrivent à cette Coupe du Monde FIFA 2026 sans complexe, avec la conviction de pouvoir rivaliser dès maintenant avec les plus grands.
Au-delà du soccer, il y a aussi toute l’atmosphère qui accompagne une Coupe du Monde. « Les cafés et les restaurants se remplissent, les communautés sortent leurs drapeaux, les gens partagent leur culture et leur passion… Même ceux qui ne suivent pas le soccer finissent par se laisser emporter par l’ambiance », résume Claudine Douville, qui sera à la barre de près de la moitié des 104 affrontements du tournoi.