Saviez-vous que le virus du papillome humain (VPH) est l’infection transmissible sexuellement la plus répandue au Canada et dans le monde⁠1 ? Encore méconnu, ce virus « fantôme » peut habiter l’organisme sans symptômes pendant des années. Pourtant, il peut avoir des conséquences bien réelles à long terme. Pour y voir plus clair, Nada Mansour, pharmacienne propriétaire affiliée à Uniprix, répond aux questions les plus fréquentes à son sujet.

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Qu’est-ce que le VPH, et pourquoi est-il à ce point répandu ?

La famille des VPH compte plus de 100 types de virus2 qui sont transmis principalement lors de contacts sexuels. « C’est un virus extrêmement répandu. Environ 75 % des personnes non vaccinées et sexuellement actives contracteront une infection par un type de VPH au cours de leur vie », précise Nada Mansour.

Dans la majorité des cas, l’infection ne provoque aucun symptôme. C’est cette absence de signes visibles qui contribue largement à sa propagation, puisqu’une personne peut être porteuse et transmettre le virus sans le savoir.

Toute personne sexuellement active peut être exposée au VPH, peu importe son âge, son sexe ou son orientation sexuelle.

Nada Mansour, pharmacienne propriétaire affiliée à Uniprix


Quels sont les cancers souvent associés au VPH ?

Le virus du papillome humain est à l’origine de plusieurs cancers, chez les femmes comme chez les hommes. « Il est responsable de près de 100 % des cancers du col de l’utérus, mais aussi d’une proportion importante de cancers de la vulve, du vagin, de l’anus et du pénis », souligne Nada Mansour. Le VPH est également associé à certains cancers de la gorge (oropharynx), qui figurent parmi les plus fréquents liés au virus chez les hommes.


Est-il pertinent de se faire vacciner à l’âge adulte ?

Souvent associée à l’adolescence, la vaccination ne se limite pourtant pas à cette période de la vie. « L’idéal est de se faire vacciner avant le début des relations sexuelles, mais les adultes peuvent aussi en bénéficier », explique Nada Mansour. Le vaccin demeure également particulièrement pertinent pour certaines populations plus à risque, comme les personnes immunodéprimées, pour qui les complications liées au VPH peuvent être plus importantes.

La vaccination contre le VPH s’inscrit ainsi dans une approche de prévention à long terme. Comme le virus circule facilement dans la population, le vaccin permet de prévenir les infections associées aux souches les plus à risque, notamment celles qui sont liées à plusieurs cancers et aux verrues génitales.

Nada Mansour, pharmacienne propriétaire affiliée à Uniprix


Le vaccin est-il efficace si on a déjà été exposé au virus ?

Contrairement à une idée répandue, une exposition antérieure au VPH ne rend pas la vaccination inutile. « Même si une personne a déjà été exposée à certains types de VPH, le vaccin peut la protéger contre d’autres souches », indique la pharmacienne. Les vaccins actuels ciblent les neuf souches les plus fréquentes et les plus à risque. S’ils ne traitent pas une infection déjà présente, ils permettent néanmoins de réduire les risques futurs liés aux autres types du virus.

Comment les pharmaciens peuvent-ils accompagner les patients sur les questions liées au VPH et à la vaccination ?

Les pharmaciens jouent un rôle clé dans l’accès à la vaccination et l’accompagnement des patients. Présents en première ligne, ils contribuent activement à la prévention et à l’éducation en répondant aux questions, de même qu’en expliquant les différences entre les vaccins et leur protection. « Nous sommes là pour informer et orienter les patients », insiste Nada Mansour. Au besoin, ces professionnels peuvent aussi prescrire le vaccin et en assurer l’administration directement en pharmacie. Le tout se fait dans un cadre simple, personnalisé et confidentiel, favorisant des décisions éclairées en matière de santé.

Les pharmaciens sont les seuls responsables de l’exercice de la pharmacie.

1 https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/maladies/virus-papillome-humain-vph/transmission-prevention-risques.html
2 https://www.quebec.ca/sante/problemes-de-sante/itss/virus-du-papillome-humain-vph