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Une plaque tournante de la création accessible à tous les publics
À la fois lieu de diffusion, laboratoire créatif et espace de rassemblement, la SAT propose des activités pour tout un chacun en cultivant une identité bien à elle, selon la directrice générale de l’OBNL, Jenny Thibault. L’endroit est surtout connu pour les expériences immersives qui sont présentées dans sa salle de spectacle en forme de dôme ainsi que pour sa vie nocturne. En revanche, le public connaît moins les autres volets de sa programmation : des conférences, ateliers et formations sur le numérique, un café avec un espace de travail collaboratif ouvert à l’année, un centre de recherche et d’innovation, un programme de résidences d’artistes, des expériences culinaires, et plus encore.
« À la SAT, on cherche avant tout à créer des expériences engageantes et collectives et à amplifier les connexions humaines grâce à une utilisation créative de la technologie, résume Jenny Thibault. Pas besoin d’être un expert en art numérique pour apprécier l’expérience; on vient surtout pour ressentir quelque chose, découvrir et vivre un moment collectif. »
Indisciplinée, et pleinement assumée
Par l’intermédiaire de son offre, la SAT s’amuse à brouiller les frontières entre les disciplines artistiques. Cette « indisciplinarité » assumée donne naissance à des rencontres inattendues, à la croisée des genres et des pratiques.
Performances mêlant danse contemporaine et arts numériques; concerts de musique électro avec projections de films d’art; expériences gastronomiques augmentées par une scénographie immersive; après-soirées où s’enchaînent prestations de DJ et visuels immersifs à 360 degrés mixés en temps réel par des VJ… les possibilités créatives y semblent infinies.
On est un espace culturel qui programme des choses où il y a une prise de risque. On met de l’avant des artistes de la relève, mais aussi des créatrices et créateurs internationaux parfois moins connus. On aime dire qu’on est un lieu indiscipliné.
Jenny Thibault, directrice générale, SAT
Cette pépinière de talents contribue à faire émerger de nouvelles voix des milieux artistique et culturel. La DJ et productrice française Flore, l’une des têtes d’affiche de la programmation anniversaire, souligne d’ailleurs la place singulière qu’occupe la SAT dans l’écosystème.
« La SAT arrive à associer de façon vraiment maline divertissement et recherche, avec une véritable curation singulière et audacieuse, dit-elle. J’y ai découvert des performances absolument dingues, le genre de programmation qu’on trouve difficilement ailleurs, à l’exception de certains festivals européens. »
Épicentre de l’expérience immersive
À Montréal comme à l’international — qu’on pense ici à Sphere, à Las Vegas, ou à La Géode, en France —, l’immersion connaît un essor remarquable et suscite un intérêt croissant auprès du grand public.
Bien avant cette vague, la SAT a joué un rôle de pionnière, avec l’inauguration en 2011 de la Satosphère, premier théâtre immersif permanent entièrement consacré à la recherche, la création et la diffusion artistiques. Contrairement aux planétariums, dont la vocation est avant tout scientifique ou éducative, la Satosphère a été pensée dès le départ comme un lieu pour les artistes et l’exploration de nouvelles formes narratives.
« L’idée était de concevoir un lieu qui permette aux artistes de créer des performances vivantes et de repousser les limites de l’immersion et de l’interactivité », explique Jenny Thibault.
Quinze ans plus tard, la démocratisation de la technologie baptisée fulldome permet à la Satosphère de présenter une programmation variée. À l’heure actuelle, le public peut y découvrir Rêveries d’un routier solitaire, un film réalisé par Patrick Bossé qui marie les archives sonores de Serge Bouchard à une création immersive conçue spécialement pour le dôme.
Aux yeux des figures de la scène électronique montréalaise Martyn Bootyspoon et Jacques Greene, la Satosphère transforme la relation entre le public, le son et l’image, faisant de chaque représentation un moment unique.
« Ce que j’aime de la SAT, c’est justement cette idée de performance en temps réel, mentionne Martyn Bootyspoon. Pas quelque chose de figé ou simplement “en arrière-plan”, mais une expérience vivante où le son, l’image et le public se répondent constamment. »
30 ans de mémoire vive
Pour marquer son entrée dans la trentaine, l’organisme y va d’une programmation festive qui reflète bien son caractère. Point culminant des célébrations, le festival Futurs Antérieurs investira les trois étages de la SAT les 5 et 6 juin prochains. Au programme de ce marathon créatif : prestations de DJ, partys immersifs sous le dôme, performances audiovisuelles en direct, installations lumineuses et expériences sonores.
Les festivités réuniront plusieurs têtes d’affiche de la scène électronique et expérimentale, dont Ambassade, Jacques Greene, Johnny Jewel, Kaitlyn Aurelia Smith, Matias Aguayo et Misstress Barbara. Amateurs de la scène DJ, ne manquez pas la Masterclass Ableton avec Flore, productrice, fondatrice de l’étiquette POLAAR et première formatrice certifiée Ableton en France. Il s'agit d'une formation de deux heures qui promet une immersion complète dans le processus créatif de l’artiste.
À l’occasion de ce week-end anniversaire, l’établissement ouvrira aussi au public l’ensemble de ses espaces, offrant un rare accès à ses laboratoires de recherche. Au Café SAT, les lève-tôt de tous âges sont conviés à Rush de sucre, un rendez-vous gratuit, sucré et caféiné.
À la Satosphère, le public pourra notamment renouer avec des projets revisités, comme Lamparium et Résonances Boréales. Jenny Thibault se veut toutefois rassurante : « Les célébrations se poursuivront tout au long de l’année. Depuis 30 ans, les futurs se testent ici, et l’histoire est loin d’être terminée », conclut-elle.