Quelle enseigne sert ses célèbres « steamés » sur la Main depuis 113 ans ? Quel quartier autrefois boudé s’est métamorphosé avec l’arrivée d’une adresse gastronomique célébrée internationalement ? Que vous ayez connu ou non l’époque où, pour 75 sous, vous pouviez ressortir bien repu d’un resto, vous vous régalerez des « bouchées » d’histoire que vous réserve la toute nouvelle exposition du Musée McCord Stewart.

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Les restaurants : reflets de l’âme montréalaise

Montréal s’affirme aujourd’hui comme l’une des capitales gastronomiques les plus vibrantes en Amérique du Nord. On y dénombre près de 5 000 restaurants, ce qui représente environ un tiers des établissements en activité au Québec. « Si on y ajoute les restaurants ayant fermé ou disparu depuis 1960, ce chiffre est vertigineux », souligne la conservatrice Guislaine Lemay.



À l’origine de cette abondance se cache une histoire aussi foisonnante que fascinante. L’exposition Au menu. Montréal : une histoire de restaurants, présentée à partir du 26 novembre 2025, propose une incursion dans l’univers de la restauration pour découvrir comment, autour de la table, Montréal s’est définie.

IMAGE LAURA DUMITRIU POUR MUSÉE MCCORD STEWART

Les restaurants nourrissent le ventre, le cœur et l’esprit, mais ce sont aussi un peu les miroirs de la société. Ce sont des lieux de rencontres, d’échanges, d’innovation gastronomique, des lieux de mémoire, où on célèbre des évènements marquants. En explorant la restauration, on raconte l’histoire culturelle, sociale et économique de Montréal à travers un prisme concret et universel.

Guislaine Lemay, conservatrice, Culture matérielle, Musée McCord Stewart

L’exposition Au menu. Montréal : une histoire de restaurants est présentée au Musée McCord Stewart du 26 novembre 2025 au 18 octobre 2026.



Tranches de vie montréalaise

Moment charnière : les années 1960, une période de grandes transformations sociales et identitaires. « Il y a eu les vagues d’immigration, puis Expo 67, qui a joué un rôle d’accélérateur pour la gastronomie. À cette époque, il fallait accueillir des millions de visiteurs, et le Québec voulait se hisser parmi les grandes métropoles internationales, y compris dans son assiette », rappelle Guislaine Lemay.

IMAGE EDITH H. MATHER POUR MUSÉE MCCORD STEWART

414-418, rue De La Gauchetière, Montréal, Québec, 1976. Don d’Edith H. Mather


En plus de retracer cet essor historique, l’exposition rend hommage aux établissements qui ont marqué la mémoire collective à travers les décennies. Pensons à la Binerie Mont-Royal, immortalisée dans le roman Le Matou, d’Yves Beauchemin, ou encore à Bens Delicatessen, où s’est souvent attablé Leonard Cohen.

D’ailleurs, les casse-croûte et les delicatessens montréalais ont la couenne dure. « Ce sont des lieux qui racontent une histoire de résilience, parce qu’ils ont traversé des périodes difficiles et ont pourtant su perdurer, fait remarquer la conservatrice. Ce sont un peu des emblèmes de Montréal. Je veux dire, qui n’a pas déjà envoyé un touriste manger chez Schwartz’s ou chez Wilensky ? »

IMAGE LAURA DUMITRIU POUR MUSÉE MCCORD STEWART

Schwartz Deli, 2025

On voit comment certains restaurants deviennent des icônes de l’histoire montréalaise. L’exposition met en lumière à la fois ce patrimoine vivant et la nostalgie qui entoure ces lieux.

Guislaine Lemay, conservatrice, Culture matérielle, Musée McCord Stewart

Une histoire toujours en mouvement

Les amateurs de cuisine contemporaine ne resteront pas sur leur appétit : l’évolution de la scène culinaire est tout aussi captivante que sa naissance. « À titre d’exemple, on recensait en 2017 des restaurants issus de près de 120 nationalités différentes », précise Guislaine Lemay.

IMAGE LAURA DUMITRIU POUR MUSÉE MCCORD STEWART

Chez Bong, 2025


Cette dernière raconte aussi comment des restaurateurs visionnaires ont contribué à changer le visage de certains quartiers dévitalisés. C’est le cas de Frédéric Morin et de David McMillan, qui ont fait le pari audacieux de s’installer en dehors des circuits habituels en convertissant une modeste sandwicherie de la Petite-Bourgogne en l’institution qu’est devenue Joe Beef.

Avec des clins d’œil à des phénomènes bien de chez nous — les restos de type « apportez votre vin », le brunch ou encore la livraison à domicile, popularisée par les rôtisseries St-Hubert dans les années 1950 —, les visiteurs « se reconnaîtront » dans l’exposition, croit la conservatrice.

IMAGE MUSÉE MCCORD STEWART

Menu, La Tour Eiffel, 1963. Don de Marjorie D. Cooper Gawley


L’idée de cette relecture culturelle, initialement semée par la critique culinaire Lesley Chesterman, mûrissait depuis longtemps dans l’esprit de l’équipe du Musée McCord Stewart. L’exposition temporaire s’inscrit pleinement dans la mission de l’établissement, qui consiste à refléter la vitalité de la métropole et du Québec en mettant en lumière les récits culturels, sociaux et historiques ayant façonné leur identité.