La crise en sécurité alimentaire ne cesse de s’aggraver. Dans le Grand Montréal, un ménage sur cinq ayant recours au dépannage alimentaire a un emploi. C’est plus que le double de ce que l’on observait il y a trois ans à peine⁠1. Pour les organismes communautaires soutenus par Centraide, ce signal d’alarme ne peut plus être ignoré.

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Qu’est-ce qu’un XTRA?

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Depuis 33 ans, Resto Plateau offre des repas à faible coût à la communauté. Son restaurant communautaire remplit une double mission : soutenir la sécurité alimentaire et offrir un tremplin vers le marché du travail aux participantes et aux participants de son programme d’insertion, qui y apprennent les rouages du travail en cuisine. « L’équilibre entre ces deux volets est essentiel ; l’un ne va pas sans l’autre », souligne la directrice générale de l’organisme, Sophie Plante.

IMAGE VALÉRIE PAQUETTE POUR CENTRAIDE DU GRAND MONTRÉAL

Avec le restaurant communautaire, on répond aux besoins de base en alimentation, mais c’est aussi un lieu de socialisation, où les gens peuvent créer des liens, rencontrer une intervenante, être orientés vers d’autres services… L’entreprise d’insertion, elle, s’adresse aussi à des personnes qui sont dans des situations extrêmement fragiles. On leur donne des repères, la possibilité de retrouver un emploi, une stabilité, et c’est grâce à elles qu’on peut cuisiner tous ces repas.

Sophie Plante, directrice générale, Resto Plateau



Des besoins plus grands et plus complexes

La vulnérabilité prend de nouveaux visages. « Il y a quelques années, la majorité des dîneurs étaient des aînés vivant seuls, qui n’avaient pas les moyens de cuisiner ou les compétences pour le faire », précise Sophie Plante. La clientèle du restaurant communautaire est aujourd’hui beaucoup plus diversifiée : nouveaux arrivants, familles monoparentales, personnes aux études, travailleuses et travailleurs… Resto Plateau a dû ouvrir un comptoir de plats à emporter pour répondre à la demande croissante.

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« Ce qui est particulièrement préoccupant, c’est la complexification des besoins, observe Félix-Antoine Véronneau, vice-président du développement social à Centraide. Ce sont des profils très différents qui se retrouvent dans les banques alimentaires, avec des besoins que le système actuel peine à combler. On voit là les effets concrets de la pauvreté. »



Sécurité alimentaire : une situation de crise

Les personnes en situation d’itinérance qui fréquentent la salle à manger sont aussi de plus en plus nombreuses. « Il y a une explosion des demandes de repas gratuits, c’est assez catastrophique », reconnaît Sophie Plante. Si la distribution de tels repas n’est pas la mission première de l’organisme, devant l’ampleur des besoins, Resto Plateau a choisi d’y répondre.

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« Nous avons décidé de servir ces personnes, même si cela s’accompagne d’enjeux beaucoup plus grands. Mais pour y arriver, il nous fallait des ressources supplémentaires », explique celle qui dit avoir frappé à toutes les portes pour obtenir du soutien.

Centraide du Grand Montréal a rapidement répondu à l’appel. En plus de son soutien financier récurrent à la mission de Resto Plateau, l’organisme a octroyé des fonds additionnels pour faire face à cette crise. Cela a permis de mettre en place une équipe d’intervention outillée pour accompagner cette nouvelle clientèle. L’objectif : préserver un milieu de vie harmonieux et sécuritaire où chacune et chacun peut prendre un repas nourrissant et socialiser dans la dignité.



Un don qui soutient de nombreuses causes

Entre la hausse du coût de la vie et la crise du logement, plusieurs se retrouvent à devoir choisir entre payer leur loyer ou se nourrir. Comme le loyer ne peut être compressé, c’est l’alimentation qui écope : on réduit la quantité, mais aussi la qualité des aliments, au détriment de la santé. « Quand un besoin aussi essentiel que l’alimentation n’est pas comblé, le reste ne va pas, affirme Sophie Plante. L’insécurité alimentaire vient rarement seule. »

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C’est pourquoi le réseau communautaire — cet indispensable filet social — joue un rôle crucial. Centraide soutient un réseau de 375 organismes et projets communautaires qui tiennent ce filet social « à bout de bras ». Parmi eux, 63 organismes en sécurité alimentaire ont reçu un appui totalisant plus de 5 millions de dollars en 2025. « Mais au-delà du dépannage, nous misons aussi sur des solutions durables, ancrées dans les quartiers, pour répondre aux causes profondes de l’insécurité alimentaire », indique Félix-Antoine Véronneau.


Pendant la période des Fêtes, on est tous sollicités, et c’est normal de vouloir aider plusieurs causes. Mais ce qui rend un don à Centraide si important, c’est son effet collectif. Il ne s’agit pas seulement d’aider une seule organisation, mais de soutenir tout un réseau d’organismes communautaires qui travaillent ensemble pour répondre aux besoins urgents et durables dans nos communautés. Un seul don à Centraide permet d’aider plus de gens, plus efficacement, là où c’est vraiment nécessaire.

Félix-Antoine Véronneau, vice-président, Développement social, Centraide du Grand Montréal



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Source : Banques alimentaires du Québec, Bilan-Faim 2025