Qu’est-ce qu’un XTRA?
XTRA est une section qui regroupe des contenus promotionnels produits par ou pour des annonceurs. Les journalistes et photographes de La Presse n’ont pas collaboré à ce contenu promotionnel.
Un lac parfaitement limpide est en meilleure santé que celui dont l’eau est brunâtre ou verdâtre.
Vrai ou faux ?
Faux. On pourrait croire qu’un lac limpide est en bonne santé… mais ce n’est pas toujours le cas ! Une eau très claire peut cacher une pollution invisible. À l’inverse, il est possible qu’une eau brunâtre contienne simplement beaucoup de matières organiques naturelles, comme celles qui proviennent d’une tourbière. Et qu’en est-il d’une eau verdâtre ? Elle peut être le signe d’une forte activité biologique, mais pas nécessairement d’une mauvaise santé.
Avec le temps, les lacs changent naturellement. Ils reçoivent des nutriments (comme l’azote et le phosphore) qui favorisent la croissance des plantes aquatiques, des algues et des microorganismes. Résultat : l’eau devient moins limpide. « Ce phénomène naturel s’appelle l’eutrophisation, un processus normal de vieillissement des lacs qui se déroule sur plusieurs milliers à des dizaines de milliers d’années », explique Christophe Langevin, étudiant au doctorat en sciences de l’eau à l’INRS.
« Ce qui est préoccupant, c’est quand les activités humaines et les changements climatiques accélèrent ce vieillissement, et qu’ils menacent l’équilibre des écosystèmes aquatiques », précise le doctorant. Avec l’accélération de l’eutrophisation, un lac peut connaître un vieillissement prématuré en quelques décennies à peine !
Les cyanobactéries sont présentes dans tous les lacs au Québec.
Vrai ou faux ?
Vrai. Souvent appelées à tort « algues » bleu-vert, les cyanobactéries sont des organismes microscopiques qui sont naturellement présents dans nos lacs et rivières. Apparues il y a plus de trois milliards d’années, elles comptent parmi les premières formes de vie à avoir émergé sur terre et elles ont joué un rôle essentiel dans l’oxygénation de l’atmosphère que nous connaissons aujourd’hui. Toutefois, lorsqu’elles se multiplient de façon excessive et forment des fleurs d’eau, elles peuvent représenter un risque pour la santé humaine et les écosystèmes aquatiques, puisque certaines cyanobactéries possèdent la capacité de produire des toxines.
Une meilleure compréhension d’un milieu naturel permet de prendre de meilleures décisions et stratégies pour sa gestion. Mieux comprendre est essentiel pour mieux protéger.
Christophe Langevin, étudiant au doctorat à l’INRS
Quelles précautions devriez-vous prendre avant de piquer une tête dans un lac ?
• Surveiller la présence d’efflorescence (fleurs d’eau) de cyanobactéries
• Consulter les avis sur la qualité de l’eau
• Éviter la baignade après de fortes pluies
• Toutes ces réponses
Toutes ces réponses. Les outils de surveillance de la qualité de l’eau permettent de savoir si la baignade est sécuritaire ou non, mais l’instinct peut aussi être un bon allié. Il faut à tout prix éviter de tremper l’orteil dans une eau qui dégage une odeur nauséabonde, a l’air anormalement trouble ou est recouverte d’une fleur d’eau.
Les baigneurs et les riverains ont eux aussi un rôle à jouer. Appliquer son écran solaire au moins 30 minutes avant la baignade, éviter de perturber la végétation avec une embarcation, adopter de bonnes pratiques de gestion des rives en conservant la végétation native ou en la bonifiant : voilà autant de gestes simples qui contribuent à garder nos lacs propres et en santé.
Quels sont les principaux facteurs qui peuvent perturber l’état des lacs ?
• Les activités agricoles
• L’urbanisation
• Les activités récréotouristiques
• Les changements climatiques
• Toutes ces réponses
Toutes ces réponses. Si les activités agricoles, industrielles et humaines peuvent contaminer les plans d’eau, ce sont surtout les mauvaises pratiques qui en sont les grandes responsables, selon ce qu’indique Christophe Langevin. « Des pratiques agricoles et des installations de villégiature durables, c’est possible aujourd’hui. La santé d’un lac est le reflet de l’ensemble de ce qui se passe dans le bassin versant. »
Par ailleurs, les effets des changements climatiques se font déjà sentir. De façon indirecte, le réchauffement de l’eau favorise la croissance de microorganismes et d’espèces envahissantes, en plus de faire baisser le taux d’oxygène nécessaire à la vie aquatique. Les pluies plus intenses augmentent quant à elles le ruissellement et transportent un plus grand nombre de polluants, de sédiments et de nutriments vers les lacs. Enfin, les épisodes de chaleur accélèrent l’évaporation des plans d’eau, ce qui peut concentrer les polluants encore davantage.
Christophe Langevin s’intéresse à l’invisible : le monde fascinant des populations microbiennes
Aux côtés des professeurs Jérôme Comte et Isabelle Laurion, l’étudiant de l’INRS cherche à mieux comprendre le microbiome des lacs pour déceler des marqueurs capables de prédire la manière dont ces milieux réagissent aux perturbations environnementales.
« La génomique environnementale nous permet de dresser un portrait détaillé d’un lac à partir des communautés microbiennes qui y vivent et de mieux comprendre ses réponses aux perturbations ainsi que les changements subtils qui s’y produisent », dit-il. Mieux comprendre les dynamiques microbiennes pourrait contribuer à la préservation des environnements lacustres.
IMAGE CHRISTIAN TREMBLAY POUR L’INRS
Christophe Langevin et Jérôme Comte