Quels souvenirs gardez-vous du vendredi 13 mars 2020 ? Il y a exactement cinq ans, la pandémie mondiale causée par le coronavirus SRAS-CoV-2 venait bouleverser la vie des Québécois et des Québécoises. Alors que la province entrait en confinement, la communauté scientifique de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) s’activait, que ce soit pour détecter le virus, pour le combattre, ou encore pour mieux comprendre les effets psychosociaux de cette période de crise. Aujourd’hui, quels apprentissages la société peut-elle tirer de la recherche scientifique portant sur la COVID-19 ?

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Qu’est-ce qu’un XTRA?

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Un modèle unique en son genre

Dans le paysage universitaire, l’INRS se démarque par sa mission unique : répondre aux grands enjeux québécois par la science. Grâce à ses programmes de cycles supérieurs, il forme une relève scientifique de haut calibre. Au sein de ses quatre centres de recherche, l’interdisciplinarité est essentielle. À la maîtrise et au doctorat, la communauté étudiante y explore des sujets complexes et innovants.


Du social au moléculaire

La professeure Laurence Charton s’est penchée sur les répercussions psychosociales de la pandémie sur les femmes enceintes, les nouveaux parents et les nourrissons. En tout, le projet de recherche Périnatalité et transition à la parentalité au temps de la COVID-19 : du social au moléculaire a mobilisé l’expertise de 15 membres de la communauté scientifique, dont ses collègues Laurent Chatel-Chaix, Géraldine Delbès, Jean-Charles Grégoire, Cathy Vaillancourt et Nong Zhu.



Une collègue étudiait par exemple les effets du stress sur le placenta, souligne la démographe et sociologue. Pour ma part, dans une approche sociologique, je suis allée à la rencontre de futures ou nouvelles mères pour connaître leur expérience de la grossesse, de l'accouchement et du post-partum en temps de COVID-19.

Laurence Charton



Disparités dans l’accès aux soins

Sans grande surprise, les travaux dirigés par la professeure ont révélé que la pandémie a entraîné un stress accru chez la plupart des futurs et nouveaux parents. Or, en comparant les expériences de mères montréalaises et témiscabitibiennes, Laurence Charton a pu tirer des constats éclairants qui vont au-delà de la COVID-19.

« On a observé qu'il y a des inégalités dans l’accès aux soins périnataux en fonction des régions, explique-t-elle. Et je parle ici d’un accès global aux soins. » Ces disparités relèvent du domaine médical — par exemple la facilité de l’accès à la péridurale pendant l’accouchement en région éloignée — comme des services sociaux.

« Quand j’ai réalisé les entrevues avec des femmes en Abitibi-Témiscamingue, le plus grand stress, ce n’était pas d’attraper la COVID, c'était vraiment : "Mais est-ce que je vais avoir une place en garderie ?" » fait remarquer Laurence Charton.



Donner naissance : une période de vulnérabilité

Étudiante à la maîtrise à l’époque, Elisa Ramírez Hernández a apporté sa pierre à l’édifice en concentrant ses travaux sur l’expérience des femmes ayant un statut migratoire temporaire. En plus des défis inhérents à l’immigration, la COVID-19 est venue complexifier la situation de ces nouvelles mères, qui se sont retrouvées excessivement isolées.

« Ces femmes sont confrontées à plusieurs transitions simultanées, ce qui fait qu’elles se sont retrouvées dans une position de vulnérabilité accrue », dit l’étudiante d’origine cubaine, qui a elle-même vécu deux parcours migratoires dans les dernières années.

Selon les chercheuses, pour mieux accompagner les couples dans la transition vers la parentalité, il faut d’abord reconnaître la grossesse comme un facteur de vulnérabilité. « Au-delà du contexte pandémique, on estime que près d'un quart des femmes éprouvent des troubles anxieux et dépressifs à cette étape, précise Laurence Charton. Aujourd'hui, le suicide constitue par ailleurs la première cause de mortalité maternelle dans l’année suivant une naissance.



L’un des objectifs de l’étude était de mieux comprendre les besoins des futurs parents pour contribuer à la mise en place de mesures de soutien ciblées et pour établir des recommandations pour les professionnels de santé.

Elisa Ramírez Hernández



Mieux accompagner les futurs parents

Il est aussi ressorti de ce vaste bilan des constats encourageants. « Je pense à l’agentivité des femmes qui ont poursuivi leur parcours migratoire », mentionne Elisa Ramírez Hernández. Souvent, elles ont fait appel aux ressources communautaires pour combler les carences médicales et sociales. « Être en télétravail a aussi été bénéfique pour la santé de femmes enceintes, particulièrement de celles affectées par la fatigue ou des maux de grossesse », indique également Laurence Charton.

« Une étude comme celle-ci nous permet d'avoir une meilleure connaissance du vécu et des défis que vivent les femmes enceintes et nouvellement mères. Elle montre aussi les inégalités dans l’accès aux soins périnataux liées par exemple au statut d’immigration ou à la région de résidence. Elle montre enfin l’importance de mieux accompagner les femmes et leur bien-être — physique et mental —, en particulier après leur accouchement. Un meilleur accompagnement de ces femmes contribue aussi à améliorer le bien-être des familles », résume Laurence Charton.



Le saviez-vous ?

De nombreux projets de recherche novateurs ont été menés à l’INRS en lien avec la COVID-19, notamment dans les domaines de la biologie, de la technologie et de la virologie.

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