Alors que le Québec vise à atteindre la carboneutralité en 2050, l’hydrogène vert et les bioénergies pourraient contribuer à transformer le paysage énergétique québécois. Complémentaires à l’hydroélectricité, ces sources d’énergie renouvelables offrent des solutions avantageuses pour réduire notre dépendance aux combustibles fossiles. Or, comment ces technologies peuvent-elles se tailler une place dans le quotidien des Québécoises et Québécois ?

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3 QUESTIONS SUR L'HYDROGÈNE VERT

Pourquoi parle-t-on d’hydrogène « vert » ?

L’hydrogène peut être produit à partir d’énergie renouvelable, comme l’hydroélectricité, ou à partir de biomasse. On dit alors qu’il est « vert ». Ne vous y méprenez pas : l’hydrogène demeure un gaz incolore. On lui attribue simplement cette couleur lorsqu’il est obtenu au moyen de techniques de production peu polluantes. Par contraste, l’hydrogène produit à partir d’énergie fossile est dit « gris ».

À quoi peut-il servir ?

Cette filière énergétique connaît un engouement mondial. Les nombreuses utilisations de l’hydrogène vert pourraient contribuer à décarboner les secteurs d’activité les plus polluants de l’économie, comme les transports et l’industrie. En voici quelques exemples.

• L'hydrogène est déjà utilisé dans le secteur industriel, pour la production d'acier ou dans des procédés qui nécessitent de hautes températures comme la production de verre.  Dans les industries, la transition vers l’hydrogène vert permettrait de diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES).

• L'hydrogène vert représente aussi une solution prometteuse pour les industries qui souhaitent remplacer l'utilisation d'énergies fossiles — tels le mazout, le diesel ou le gaz naturel— dans leurs procédés industriels.

• Et si, dans l’avenir, les camions de marchandises, les navires, les trains et même les avions « carburaient » à l’hydrogène vert ? Des projets innovants sont développés aux quatre coins du monde. Ici même, au Québec, plus de 10 000 passagers ont emprunté, dans le cadre d’un projet pilote qui a eu lieu à l’été 2023, un train alimenté à l’hydrogène reliant Québec et Charlevoix.

Quel rôle le Québec peut-il jouer face à cette source d’énergie ?

À l’heure où, ici comme ailleurs, il faut se tourner vers des filières d’énergie renouvelables, le Québec a l’ambition de devenir un leader mondial dans la production d’hydrogène vert. Il possède déjà une expertise reconnue en recherche et développement dans ce créneau.

D’ici 2030, l’hydrogène vert, combiné aux bioénergies, pourrait permettre au Québec de consommer près d’un milliard de litres de produits pétroliers en moins par année. Cela équivaut à retirer 1,2 million de véhicules à essence de nos routes !



3 QUESTIONS SUR LES BIOÉNERGIES

Que sont les bioénergies, exactement ?

Les bioénergies sont produites à partir de ressources renouvelables qui se trouvent sous forme liquide, solide ou gazeuse. Elles sont produites à partir de matière organique, aussi appelée biomasse : résidus forestiers (par exemple les copeaux de bois), agricoles (le lisier de porc, entre autres exemples) et industriels, commerciaux ou municipaux.

Quelle utilisation peut-on en faire ?

Les bioénergies peuvent remplacer avantageusement les énergies fossiles. Elles le font déjà, puisqu’elles prennent de nombreuses formes autour de nous : granules de bois et bûches densifiées pour le chauffage; éthanol et biodiesel pour le transport; biogaz; gaz naturel renouvelable; etc.

Il est possible d’utiliser la biomasse et ses produits dérivés pour chauffer des résidences, mais aussi des bâtiments comme des écoles, des hôpitaux ou des serres. Les bioénergies sont aussi en mesure de produire la chaleur nécessaire à l’alimentation des procédés industriels énergivores; pensons à celles d’une cimenterie, par exemple. Des biocarburants sont également intégrés aux carburants qu’on trouve à la pompe, ce qui réduit la consommation de produits pétroliers et les émissions de GES dans le secteur du transport.

Quelle place ces sources d’énergie pourraient-elles prendre au Québec ?

Les bioénergies peuvent jouer un rôle important dans la transition énergétique du Québec. En 2021, elles représentaient déjà 7 % de l’énergie consommée ici; l’objectif est d’en augmenter la production de 50 % d’ici 2030 et d’en accroître la consommation.

Il faut aussi penser que, en plus de contribuer à l’autonomie énergétique du Québec, les bioénergies offrent une solution locale à la gestion des matières résiduelles, par exemple en évitant que nos déchets organiques se dirigent vers les sites d’enfouissement, pour plutôt être transformés en gaz naturel renouvelable.

En savoir plus sur les cibles gouvernementales de l’action climatique 

Complémentaires à l’électricité, ces nouvelles filières énergétiques sont essentielles pour continuer de répondre à la demande croissante et assurer la sécurité énergétique du Québec.

Ce dernier s’est d’ailleurs doté d’un plan. La Stratégie québécoise sur l’hydrogène vert et les bioénergies a pour but d’encadrer la production, la distribution et l’utilisation de l’hydrogène vert et des bioénergies.

En savoir plus sur cette stratégie