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Pour bénéficier d’une protection en cas d’erreur
Le Barreau du Québec est l’ordre professionnel qui encadre la pratique de quelque 30 500 avocates et avocats de tous les domaines du droit. En plus de souscrire des assurances professionnelles, ses membres doivent respecter un code déontologique rigoureux assurant l’éthique, l’excellence des services et la protection du public. Certains recours sont donc possibles en cas d’erreur. « Cette couche de protection est absente avec l’IA, car il n’existe pas de mécanisme d’imputabilité comparable pour des erreurs commises par une machine qui agit seule », précise Me Claveau.
Me Catherine Claveau, bâtonnière du Barreau du Québec
Pour prévenir certains risques
Violation du secret professionnel, divulgation non intentionnelle de renseignements confidentiels, propagation de désinformation, préjugés systémiques pouvant affecter l’équité des décisions : voilà seulement quelques-uns des risques auxquels s’exposent les personnes qui utilisent l’IA, qu’il s’agisse de particuliers ou de membres du Barreau.
Les modèles d’IA actuels demeurent également sujets aux hallucinations, soit la production de réponses erronées qui résultent d’un manque de données d’entraînement et de leur qualité variable. Ces données peuvent elles-mêmes contenir des préjugés qui sont ensuite perpétués — voire amplifiés — par l’IA. Enfin, le peu de transparence quant au processus qui mène à la réponse finale renforce la nécessité d’une vigilance accrue.
Le Barreau insiste donc sur l’importance de consulter une avocate ou un avocat afin d’éviter la délégation du jugement et de l’analyse critique à des algorithmes, et de protéger ainsi le justiciable.
Me Catherine Claveau, bâtonnière, Barreau du Québec
Pour prendre en considération les nuances du droit
À la question « est-ce vrai que l’âge minimal pour avoir le droit de travailler est de 14 ans ? », une intelligence artificielle a répondu ceci : « C’est faux; l’âge minimal est de 16 ans. » Cette réponse erronée ne tient pas compte de la législation particulière du Québec, qui permet à une personne d’occuper un emploi dès l’âge de 14 ans, tout en limitant son horaire de travail pour accorder la priorité à l’école.
Il s’agit pourtant d’une situation simple. Le risque d’échec pourrait s’avérer bien plus grand dans un cas complexe qui implique des juridictions multiples ou des systèmes législatifs différents. « Dans des affaires de droit de la famille, de droit des personnes, d’immigration ou de litige commercial où les lois de plusieurs juridictions peuvent s’entrecroiser, une analyse détaillée est souvent nécessaire pour bien interpréter le cadre juridique applicable », donne en exemple Me Claveau.
Pour profiter d’un accompagnement humain
L’intelligence ne se limite pas au volume de connaissances et à l’analyse des textes. En plus de son expertise juridique, une avocate ou un avocat apporte également une intelligence émotionnelle, une empathie et une capacité à établir une relation de confiance avec sa cliente ou son client. Le contexte émotionnel et personnel fait partie intégrante d’une stratégie juridique.
L’intuition, la compréhension des nuances non verbales et la vision globale d’une affaire sont des qualités que seule une personne peut offrir. L’IA peut certes fournir un soutien, mais la prise de décision finale, qui touche directement la vie des individus, doit demeurer entre les mains des personnes humaines.
Me Catherine Claveau, bâtonnière, Barreau du Québec
Une utilisation responsable de l’IA
Dans son récent ouvrage L’intelligence artificielle générative : guide pratique pour une utilisation responsable, le Barreau du Québec propose aux avocates et aux avocats de bonnes pratiques afin d’intégrer l’IA de manière éthique et conforme à leurs obligations déontologiques.
Consultez le guide pratique sur l’IA générativeLe Barreau organise en parallèle des formations continues sur le recours à l’IA, et il prévoit mettre en place un cadre de gouvernance sur le développement d’outils technologiques dans le domaine juridique. « Notre priorité est d’assurer que l’IA soit un outil au service des professionnels du droit et non un remplaçant, garantissant ainsi que la dimension humaine de la pratique soit toujours respectée », souligne Me Claveau.