Bien que rares, les tumeurs musculosquelettiques peuvent être très agressives et nécessiter une intervention médicale rapide. Pour combler certaines lacunes dans la prise en charge et éviter des retards de diagnostic, la Dre Sophie Mottard tire la sonnette d’alarme dès 2016. Entourée de son équipe et convaincue de l’importance d’agir rapidement pour la vie et la survie des patients, elle fonde, en collaboration avec ses collègues du Centre universitaire de santé McGill et du CHU de Québec-Université Laval, le Réseau Sarcome Québec, motivée à faire une différence.

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L’ennemi silencieux

Les sarcomes représentent environ 1 % de tous les cancers nouvellement diagnostiqués chez l’adulte et environ 15 % des tumeurs malignes chez l’enfant. La Dre Sophie Mottard, chirurgienne orthopédique spécialisée en oncologie à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont et au CHU Sainte-Justine, désirait améliorer l’efficacité de la prise en charge des patients pour ce type de cancer.

« Une fois le diagnostic établi et le patient admis à l’hôpital, ça va vite. La prise en charge par le médecin spécialiste se fait en moyenne à l’intérieur de onze jours. C’est de se rendre jusque-là qui n’est pas évident, explique-t-elle. La problématique la plus importante au Québec, ce sont les soins de première ligne en sarcome ; comment détecter les cas et diriger les patients à la bonne porte dans notre système de santé ? Ce n’est pas une mince affaire. »


Améliorer le temps de traitement

La professionnelle explique que dans le traitement des sarcomes, le système de santé est embourbé par des requêtes qui ne nécessitent pas toujours l’intervention d’un spécialiste et qui ralentissent les efforts de réduction des délais. « Entre le moment où la masse est détectée et celui de la première rencontre avec le médecin spécialiste, le patient se perd dans le système, avance la chirurgienne orthopédique. Et il est là, mon problème, puisque les patients que je cherche à traiter, je ne sais pas encore qu’ils existent ! »

C’est pour permettre à ces patients un accès plus rapide et efficace aux soins spécialisés, que la Dre Mottard a créé le Réseau Sarcome Québec. Ce projet, porté par une équipe multidisciplinaire composée d’orthopédistes, d’hémato-oncologues, de pathologistes et de radiologistes, ne trouvera au départ aucun appui du côté gouvernemental. Malgré tout, le Réseau, soutenu par de nombreux experts, permettra l’élaboration d’algorithmes simplifiant le diagnostic des tumeurs des tissus mous et des lésions osseuses.


Outiller la première ligne

La méconnaissance du sarcome par la population et la communauté médicale nuit à la rapidité de la détection et, par conséquent, retarde les traitements. Pour la Dre Mottard, la solution doit d’abord passer par la sensibilisation. « Il est impératif d’éduquer la population et le personnel médical », soutient-elle.

Aux radiologistes, elle demande : « Soyez les guides des médecins de famille. Avec les bons outils, on pourra évaluer les patients de façon appropriée et inverser les statistiques ! »


Malgré le travail qu’il reste à accomplir, la Dre Mottard se fait rassurante. « À l’heure actuelle, on est en mesure de constater que la trajectoire du patient dans le système s’est améliorée », affirme-t-elle. Désormais, ce sont entre 1 500 et 2 000 patients par année qui sont vus par les experts du Réseau Sarcome Québec.

Les radiologistes sont la pierre angulaire du système de santé au Québec. Ils ont le pouvoir de soutenir les médecins de première ligne pour qu’ils puissent mieux orienter les patients chez lesquels ils suspectent une tumeur. Mon souhait, c’est que les médecins de famille soient à l’affût des signes avant-coureurs d’une tumeur musculosquelettique, et non pas qu’ils deviennent des experts de ce type de cancer. Pour arriver à une amélioration de la survie de nos patients, il faut poursuivre sans relâche l’enseignement et la sensibilisation.

Dre Sophie Mottard


D’espoir et de financement

De son côté, la Dre Sophie Mottard poursuit son travail de sensibilisation auprès des intervenants. Elle enchaîne les conférences auprès d’associations professionnelles et les interventions dans les médias afin d’amasser des fonds pour faire avancer la recherche.

« Pour faire changer les choses, il est important de regrouper les efforts et de collaborer, résume-t-elle. Je suis fière de faire partie d’une infrastructure de recherche interuniversitaire solide et indépendante sur le sarcome au Québec »



La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ)

La FMSQ représente 10 000 médecins spécialistes qui luttent avec passion pour défendre et mieux soigner les Québécoises et Québécois. Membres de 35 associations médicales, ils pratiquent dans l’une des 59 spécialités médicales reconnues au Québec.