Jacquie Therrien a mené une vie tranquille. « Une vie normale avec un N majuscule », affirme la septuagénaire. Derrière cette existence qu’elle dit ordinaire se cache pourtant une passionnée de voyages, une bonne fourchette et une bonne vivante au rire contagieux. Une femme qui, en vieillissant, prend la pleine mesure de la chance qu’elle a.

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Au bout du fil, Jacquie — née Jacqueline — résume plus d’un demi-siècle d’existence d’un seul souffle. « Je suis née dans une famille ordinaire : papa au travail, maman à la maison. J’ai étudié, j’ai rencontré mon mari à 15 ans et, trois ans plus tard, on se mariait. Puis sont venus les enfants, et ensuite les petits-enfants. »

La famille est le cœur battant de la vie de Jacquie. « Tout a toujours gravité autour de ça », confie-t-elle.



Soif d’aventures

Jacquie est une « trotteuse ». À la retraite, elle a délaissé une carrière à la Bibliothèque centrale de Montréal pour se consacrer aux voyages. « J’avais besoin de vivre autre chose, de voir autre chose. Ma vie était tellement prévisible. Chaque voyage, c’est une petite aventure, des découvertes… »

Du désert marocain aux lignes de Nazca, au Pérou, en passant par Compostelle, l’Inde et la Turquie, Jacquie a parcouru le globe. À Madagascar, à l’occasion d’un voyage humanitaire d’un mois, elle a participé à la construction d’une maternité destinée aux femmes malgaches.

  • Chemin de Compostelle, le voyage d’une vie de Jacquie.

    Chemin de Compostelle, le voyage d’une vie de Jacquie.

  • Chemin de Compostelle, le voyage d’une vie de Jacquie.

    Chemin de Compostelle, le voyage d’une vie de Jacquie.

  • Voyage au Kenya chez les Maasaï.

    Voyage au Kenya chez les Maasaï.

  • Voyage de bénévolat avec l’organisme à but non lucratif Œuvre Humanitaire pour la Vision Santa Cruz à Cuenca, en Équateur.

    Voyage de bénévolat avec l’organisme à but non lucratif Œuvre Humanitaire pour la Vision Santa Cruz à Cuenca, en Équateur.

  • Voyage Rose Trip dans le désert du Maroc, un trek d’aventure 100% féminin.

    Voyage Rose Trip dans le désert du Maroc, un trek d’aventure 100% féminin.

  • Cours de boxe avec son mari, une activité que Jacquie adore !

    Cours de boxe avec son mari, une activité que Jacquie adore !

  • Voyage à Madagascar. « On dirait que j’ai le don de me mettre dans des situations où j’en arrache ! » — Jacquie

    Voyage à Madagascar. « On dirait que j’ai le don de me mettre dans des situations où j’en arrache ! » — Jacquie

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Elle s’envolera prochainement pour le Mexique, pour une autre mission de bénévolat à l’étranger. Plus tard, elle ira voir le Japon. À 77 ans, la globe-trotteuse sait qu’elle devra un jour ou l’autre ralentir : « Le décalage horaire cogne plus fort. »

« Je le sais, je le sais que ça ne peut pas « toffer ». Quand j’ai renouvelé mon passeport, l’année dernière, le fonctionnaire m’a demandé si je réalisais que c’était pour 10 ans ! » raconte-t-elle en riant.




Redonner

Pour Jacquie, mordre dans la vie est un immense privilège, et elle en est pleinement consciente. « Être en santé, c’est un cadeau, et le fruit du hasard. Je n’ai rien fait pour mériter ce gros lot, mais j’ai eu la chance de le recevoir », souligne-t-elle.

Autour d’elle, tout le monde n’a pas cette chance. Sa sœur cadette et grande complice, sa « Jojo », est atteinte de démence et vit en centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Sa fille, quant à elle, souffre de sclérose en plaques. « Je me sens un peu obligée de faire profiter les autres du privilège que j’ai. »

Jacquie visite régulièrement sa sœur à l’heure des repas et consacre beaucoup de temps au bénévolat. Elle aide des personnes aînées en perte d’autonomie à déjeuner, elle remet des lunettes de prescription en état pour les redistribuer à d’autres dans des pays défavorisés et elle s’implique dans des projets de recherche sur le vieillissement à l’Institut Douglas. « Moi, je peux aider, alors je le fais », résume-t-elle.



S’affranchir

Si elle n’a pas toujours accueilli les anniversaires avec sérénité, Jacquie s’est aujourd’hui réconciliée avec l’idée de vieillir. C’est que, avec l’âge, vient une forme de lâcher-prise libérateur. « Je peux parler à tout le monde, je peux faire n’importe quoi ; c’est toujours accepté, dit-elle. Tout le monde aime sa grand-maman ; personne ne veut crier après sa grand-mère ! »

Je suis vieille, je le sais ; je l’accepte, j’accepte mes limites. Mais je profite aussi des avantages d’être vieille.

Jacquie, 77 ans

Avec le recul des années, quelle est donc la plus grande leçon que Jacquie tire de son parcours ? Un long silence s’installe. « Prendre conscience de ce que l’on a », finit-elle par dire doucement. Elle marque une pause, avant d’ajouter : « Mon père s’est levé un matin pour préparer le café de ma mère, et il s’est effondré. C’était fini, juste comme ça. Ça peut m’arriver aussi. Alors, je profite. »

Remerciements à GroupM Motion Entertainment pour leur participation dans la création de ce contenu.