Éviter aux patients et aux patientes les multiples allers-retours entre leur milieu d’hébergement et l’hôpital : c’est la mission que s’est donnée un groupe de médecins spécialistes dont fait partie le Dr Alexis Beauchamp-Châtel. En contribuant à la mise en place d’une unité de soins mobile qui se déplace directement auprès des patients nécessitant des services en psychiatrie, il participe à l’amélioration de la qualité et l’efficacité des soins fournis.

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Le patient avant tout

Le Dr Alexis Beauchamp-Châtel est psychiatre au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’Île-de-Montréal. Au quotidien, il travaille avec une clientèle composée d’adolescents et d’adultes atteints de troubles psychiatriques, de déficience intellectuelle et du trouble du spectre de l’autisme. Quand il est question d’hospitalisation, ce dernier groupe s’avère d’ailleurs particulièrement sensible à un changement d’environnement.

Dr Alexis Beauchamp-Châtel


Dans le cas des personnes atteintes d’autisme non verbal, par exemple, le simple passage de la maison à l’hôpital peut provoquer une désorganisation complète et nuire aux progrès réalisés jusque-là. « C’est un des exemples qui montrent que soigner les patients dans leur propre milieu est plus efficace que les placer dans un environnement artificiel, comme une unité de psychiatrie », souligne le médecin spécialiste.




S’unir pour de meilleurs soins

C’est à force d’accompagner cette clientèle dans les unités de soins et de constater à quel point il peut être difficile pour elle de vivre une hospitalisation que le Dr Beauchamp-Châtel et sa collègue psychiatre, la Dre Chloée Paquette Houde, ont créé une unité mobile vouée aux soins des patients dans leur milieu de vie. Leur équipe — composée de plusieurs professionnels spécialisés en santé mentale, dont des psychiatres, des infirmières et des éducateurs spécialisés — effectue régulièrement des visites directement chez le patient ou en hébergement.


« Soigner une personne dans son véritable milieu de vie permet une meilleure compréhension de son comportement et augmente la latitude et la cohérence de nos interventions », ajoute Alexis Beauchamp-Châtel. Il affirme également que l’amélioration dans la stabilité du patient se constate de visite en visite.



En offrant un suivi à domicile ou en hébergement, nous privilégions une prise en charge continue et nous construisons sur des acquis positifs. Grâce à l’unité mobile, nous sommes passés d’hospitalisations de plusieurs semaines à des visites quotidiennes d’environ une heure. Nos interventions sont désormais plus courtes, mais nettement plus efficaces.

Dr Alexis Beauchamp-Châtel



Des défis de taille

Les défis rencontrés par l’équipe du Dr Beauchamp-Châtel lors de la mise en place du service mobile ont été nombreux. « Nous nous sommes heurtés à une énorme machine bureaucratique où l’urgence est bien souvent la solution désignée », souligne le psychiatre, qui ajoute : « Pour plusieurs, cependant, l’hôpital n’est qu’un bandage. Ce n’est pas la solution à tous les problèmes. » Alexis Beauchamp-Châtel souligne également que, dans 90 % des cas, les situations vécues par ses clients peuvent être gérées directement à leur domicile et ne nécessitent aucune hospitalisation.


Pour réussir à renverser la vapeur et prouver qu’il existait des façons de faire alternatives, il a fallu cesser l’admission de nouveaux patients à l’unité de soins psychiatriques, permettant ainsi aux médecins spécialistes de reproduire en hébergement ce qui était fait à l’hôpital.




Pour des milieux de vie adaptés

De l’avis du Dr Beauchamp-Châtel, il existe désormais de nombreuses façons de faire en sorte que les patients puissent demeurer à la maison plus longtemps et en meilleure santé. Son souhait pour l’avenir est de poursuivre l’intégration des personnes marginalisées dans la société et de leur créer des espaces de vie mieux adaptés.


Loin de vouloir baisser les bras, le psychiatre est plutôt encouragé par les progrès qui ont été faits dans les dernières années. « Il faut poursuivre le travail entamé et encourager d’autres initiatives comme celle de l’unité mobile. J’ai confiance qu’en travaillant tous ensemble pour les besoins des patients, nous pourrons y arriver », conclut-il. D’ailleurs, le projet a déjà commencé à faire des petits dans d’autres centres hospitaliers.




La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ)

La FMSQ représente 10 000 médecins spécialistes qui luttent avec passion pour défendre et mieux soigner les Québécoises et les Québécois. Membres de 35 associations médicales, ils pratiquent dans l’une des 59 spécialités médicales reconnues au Québec.