En 1949, le montréalais Victor Cape souhaite faire grandir son réseau de cinq pharmacies. Il acquiert les droits de distribution au Canada d’une marque de cosmétiques basée à Chicago, Marcelle. Son fils Michael conduit l’entreprise vers de nouveaux sommets, en y développant des marques innovantes et en négociant auprès de grands détaillants. Aujourd’hui, une troisième génération assure la direction de ce fleuron québécois, qui réunit les marques Watier, Marcelle, Annabelle et CW Beggs & Sons et qui emploie 350 personnes.

Entretien entre David Cape, président de Groupe Marcelle et président d’honneur du concours Les Médaillés de la relève 2022, et Christine Pouliot, associée, Transactions, et directrice générale, Vente, acquisition et financement d’entreprise à PwC Canada.

Publié le 17 mai

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Christine Pouliot — PwC Canada
Comment avez-vous rejoint l’entreprise familiale ?

David Cape — Groupe Marcelle
Lorsque j’ai terminé mes études à l’Université Princeton en 1987, je préférais d’abord tracer ma propre voie. J’ai développé un logiciel pour l’industrie américaine du camionnage qui a connu beaucoup de succès. Puis, j’ai vendu cette entreprise et j’ai travaillé chez Microsoft. C’était un trop gros environnement pour moi et le côté entrepreneurial d’une PME me manquait. Après sept ans, satisfait de ce que j’avais accompli, j’étais fin prêt à me joindre à Groupe Marcelle comme vice-président exécutif.

CP
Comment s’est déroulé le transfert de la direction ?

DC
Mon père et moi n’avons jamais formalisé un plan de relève, le transfert de connaissances s’est plutôt déroulé naturellement. Pendant les dix ans suivant mon retour, j’ai pris de plus en plus de responsabilités jusqu’à ce que mon père me dise : « Je crois que tu es prêt à devenir président, maintenant. » Il a alors assumé la direction du conseil d’administration et a adopté un rôle de mentor et de conseiller. Il travaille encore au bureau tous les jours et aime bien voir comment l’entreprise ne cesse de grandir.

CP
En quoi les défis de votre entreprise ont-ils évolué ?

DC
Mon père dit souvent que les défis d’aujourd’hui sont bien plus grands que ceux de son époque. Tout bouge très vite et la concurrence est féroce. Nous rivalisons à la fois contre des marques internationales et des indépendants très agiles. Il faut non seulement développer d’excellents produits, mais aussi des marques fortes qui correspondent aux valeurs de nos clientes et clients. Il n’y a pas si longtemps, personne n’aurait pensé à concevoir des produits de beauté véganes, sans gluten et écoresponsables.

CP
Quelles sont vos plus grandes fiertés depuis votre arrivée ?

DC
Transformer notre entreprise pour rivaliser à l’échelle mondiale. Nous faisons partie du top 5 des fabricants de produits cosmétiques du pays, aux côtés de quatre multinationales. Nous n’avons pas de passe-droit simplement parce que nous sommes une compagnie locale, nous devons exceller au même niveau que celles-ci.

Il y a six ans, notre acquisition de la marque Lise Watier avec l’appui de la Caisse de dépôt et placement du Québec a été un grand coup. Ça nous a permis de doubler nos ventes et notre nombre d’employés, en plus de ramener dans la province une marque chère aux yeux des Québécoises et des Québécois, alors qu’elle était détenue par un groupe d’investisseurs torontois.

CP
Comment préparez-vous l’éventuel transfert de la direction à vos fils ?

DC
C’est un privilège de travailler non seulement aux côtés de mon père, mais aussi de deux de mes fils. Ils gravissent les échelons pour comprendre l’organisation de l’intérieur et grandir entourés de leurs collègues, à titre d’égaux. Je les encourage à faire avancer les choses par les canaux officiels, sans que j’intervienne.

Theodore Cape – Groupe Marcelle
J’aime le fait que mon père nous encourage à apprendre par nous-mêmes. Lors de mes études aux États-Unis, j’ai entendu beaucoup de camarades de classe raconter qu’un poste de direction les attendait, mais que leurs parents leur diraient quoi faire. Ce n’est pas le cas ici — mon frère et moi travaillons sur le plancher comme tout le monde et développons notre propre perspective.

CP
Quels conseils pouvez-vous donner aux entrepreneurs des deux côtés d’un transfert ?

DC
Embrassez votre propre style de leadership, il fait partie de votre identité. Puis, lorsque vous céderez votre place, acceptez que la prochaine génération fasse les choses différemment. Il ne doit pas y avoir quatre mains sur le volant.

Plus l’entreprise grandit, plus il devient essentiel d’avoir une équipe solide, des processus clairs et des valeurs bien définies pour que les gens comprennent comment et pourquoi prendre des décisions. Vous ne pouvez pas être partout à la fois. Si vous insistez à prendre part à chaque choix et à chaque rencontre, vous ralentissez la croissance.

Le temps fait bien les choses. Même quand tout va vite, continuez d’avancer un pas à la fois. Vous ne pouvez pas accomplir dix tâches en même temps ; concentrez-vous sur les trois plus importantes, puis descendez le long de votre liste une fois qu’elles sont réglées.

Assurer la relève d’une entreprise, c’est plus qu’un travail. C’est se voir confier un cadeau précieux, ainsi que la responsabilité de la guider vers l’avant.

Visitez le site Web de Groupe Marcelle

15e édition du concours Les Médaillés de la relève

Depuis 2006, ce rendez-vous annuel met en lumière des entreprises québécoises qui ont mené avec brio un transfert auprès d’une relève familiale, d’employés ou d’investisseurs. Une cérémonie de remise des prix aux lauréats du concours se tiendra le 8 juin prochain.