(Abou Dabi) La vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, a souligné lundi « la force du partenariat » entre son pays et les Émirats arabes unis en rencontrant le nouveau président de ce pays du Golfe, après des mois de tensions entre les deux alliés.

Mis à jour le 16 mai
Giuseppe CACACE Agence France-Presse

Mme Harris est arrivée à Abou Dabi à la tête d’une importante délégation comprenant le secrétaire d’État Anthony Blinken, pour féliciter le nouveau président de cette riche monarchie pétrolière du Golfe, Mohammed ben Zayed, surnommé MBZ, qui a succédé à son demi-frère malade décédé vendredi.

Prince héritier d’Abou Dabi, Mohammed ben Zayed dirigeait déjà de facto le pays en raison de l’état de santé du feu président Khalifa ben Zayed.

À l’issue de sa rencontre avec MBZ, Kamala Harris a félicité cheikh Mohammed et « souligné la force du partenariat » entre les deux pays, selon un communiqué de son bureau.  

« Nous étions ici pour discuter de la force de ce partenariat et cette amitié ainsi que de notre engagement à aller de l’avant », a-t-elle ajouté.

Les dignitaires mondiaux affluent à Abou Dabi depuis samedi pour féliciter le nouveau président de ce pays devenu ces dernières années un acteur clé du Moyen-Orient.

Le président français Emmanuel Macron, et le premier ministre britannique Boris Johnson, figurent parmi les dirigeants qui ont fait le déplacement. Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le prince William se sont eux aussi rendus lundi à Abou Dabi.

Relations tendues

La délégation américaine comprend outre M. Blinken, Lloyd Austin, ministre de la Défense, John Kerry, envoyé spécial pour le climat, William Burns, directeur de la CIA.

Les relations entre Washington et Abou Dabi ont été « mises à l’épreuve » après une série de désaccords, les Américains étant parfois accusés par certains observateurs de se désintéresser du Moyen-Orient au profit de l’Asie.

L’administration américaine a de son côté été échaudée par le refus des pays du Golfe d’augmenter la production de pétrole pour calmer l’envolée des prix sur les marchés mondiaux depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie fin février.  

Début mars, l’ambassadeur des Émirats aux États-Unis, Youssef Al Otaïba, a estimé que la relation entre Washington et Abou Dabi était « à l’épreuve » tout en insistant sur la volonté de la relancer sur le long terme.

« Notre relation avec les États-Unis est comme toute relation. Il y a des jours où elle se porte bien et des jours où elle est remise en question », a-t-il dit.

L’Iran aussi

L’Arabie saoudite, chef de file des monarchies arabes du Golfe, et les Émirats ont renforcé les liens avec le président russe, Vladimir Poutine, allié de poids des pays exportateurs de pétrole. Mais elles ne soutiennent pas l’invasion russe en Ukraine.

Riyad et Abou Dabi attendent toutefois plus de soutien des États-Unis sur le conflit au Yémen, où les deux capitales aident militairement le pouvoir face aux rebelles houthis proches de l’Iran, grand rival régional de l’Arabie saoudite. Une trêve est en actuellement en vigueur au Yémen.

Fin mars, Antony Blinken avait rencontré MBZ au Maroc. « Nous sommes déterminés à faire tout notre possible pour vous aider à vous défendre efficacement […] contre les attaques terroristes des houthis », avait affirmé M. Blinken.

En outre, Mohammed ben Zayed a accueilli l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, un autre État du Golfe avec lequel il avait un temps rompu les relations.

Même l’Iran a envoyé lundi à Abou Dabi son ministre des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, qui a félicité MBZ et émis l’espoir d’un renforcement des relations bilatérales.