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Riposte sanglante contre le Hamas

Des pompiers se portent au secours de victimes... (Photo: AP)

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Des pompiers se portent au secours de victimes à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.

Photo: AP

Gaza a été secouée hier par les attaques les plus meurtrières survenues en sol palestinien depuis des décennies. Jusqu'en début de soirée, l'armée israélienne a mené une série de raids aériens contre des infrastructures du Hamas. Au moins 282 personnes sont mortes et près de 600 ont été blessées.

L'opération «Plomb durci» a été déclenchée vers 11h30 (heure locale). Les autorités israéliennes ont déclaré que ces attaques sans précédent visent à mettre un terme aux tirs de roquettes menés par le mouvement islamiste contre l'État hébreu depuis la fin d'une trêve de six mois, le 19 décembre. Selon Israël, plus de 200 projectiles auraient été lancés depuis l'expiration du cessez-le-feu.

 

«Nous avons fait preuve de retenue jusqu'à présent», a affirmé la ministre des Affaires étrangères et chef du parti politique Kadima, Tzipi Livni. «Aujourd'hui, il n'y a pas d'autre option qu'une opération militaire.»

Selon le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barack, les raids pourraient n'être que le début d'une série d'actions militaires visant à affaiblir le Hamas dans les prochaines semaines, voire les prochains mois. «L'opération se poursuivra et s'intensifiera autant que cela sera nécessaire», a-t-il déclaré.

Le chef du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a répliqué que les attaques israéliennes ne feraient pas plier son mouvement. Le mouvement de résistance palestinien a appelé son bras armé, les brigades Ezzedine Al-Qassam, à «mettre tous les moyens en oeuvre pour empêcher les sionistes de dormir».

Son chef en exil, Khaled Mechaal, a invité les siens à déclencher une nouvelle intifada contre Israël et a évoqué une reprise des attentats suicide dans un entretien à la chaîne qatarie Al-Jazira.

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a de son côté qualifié l'offensive israélienne «d'agression lâche» et dénoncé les «massacres».

Hier, la riposte palestinienne n'a pas tardé. Plus de 70 roquettes et obus de mortier ont été tirés de la bande de Gaza contre Israël, selon la police israélienne.

Sur le terrain, les Palestiniens ont été fortement ébranlés par les attaques. «Personne ne s'y attendait parce que c'était en plein jour, durant l'heure de pointe», a expliqué Yousef Etheou, journaliste palestinien qui travaille à Gaza pour la chaîne iranienne Press TV, que La Presse a joint par téléphone.

«En fin d'avant-midi, nous avons commencé à entendre plusieurs bombardements, il y avait de la fumée partout. Les gens se sont mis à paniquer. Ils couraient dans tous les sens. Il n'y avait pas assez d'ambulances, donc les civils ont dû transporter les blessés aux hôpitaux dans leurs voitures.»

Selon le correspondant, les raids d'hier ont été les 24 heures les plus meurtrières depuis la guerre des Six Jours, en 1967. «Aujourd'hui, l'armée israélienne a envoyé un message sanglant au Hamas», a-t-il ajouté.

Les bombes, lancées par des avions, des drones et des hélicoptères, ont atteint une cinquantaine de sites - surtout des casernes de police ou des bâtiments militaires.

Selon l'Agence France-Presse, la plupart des victimes sont des policiers du Hamas, dont le chef de la police, le général Tawfik Jaber. Une douzaine de civils, y compris des enfants et des travailleurs de la construction, ont également été recensés parmi les victimes.

D'après les médias locaux et les agences de presse internationales, le chaos régnait dans les hôpitaux de la ville hier. Devant la morgue de l'hôpital Chifa, plusieurs dizaines de corps - dont certains étaient démembrés - ont été étalés sur le sol sous des couvertures pour que les proches les identifient.

Appel au calme

Les dirigeants du monde entier n'ont pas tardé à réagir aux attaques hier après-midi. Des manifestations de protestation ont également été organisées en Cisjordanie et dans plusieurs villes du monde arabe.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit «profondément inquiet» et a appelé à un «arrêt immédiat des violences».

Les États-Unis ont pour leur part estimé que le Hamas avait les cartes en main. La secrétaire d'État, Condoleezza Rice, a ainsi fait valoir que le mouvement peut mettre un terme aux frappes israéliennes en cessant ses propres tirs de roquettes contre l'État hébreu. Un porte-parole de la Maison-Blanche a toutefois pressé Israël de faire en sorte que les raids ne fassent pas de victimes civiles.

Pour sa part, le président désigné Barack Obama «surveille» la situation, a déclaré sa porte-parole en matière de sécurité nationale, Brooke Anderson.

L'Union européenne et Moscou, notamment, ont appelé à la fin «immédiate» des violences.

De son côté, le représentant du Quartette pour le Proche-Orient, Tony Blair, a appelé à un retour au calme dans le conflit israélo-palestinien et, pour le long terme, à la mise au point d'une «nouvelle stratégie pour Gaza».

Les dirigeants de la Ligue arabe, dont les pays ont unanimement condamné ces raids, doivent tenir vendredi à Doha un sommet extraordinaire consacré à l'offensive israélienne. Leurs ministres des Affaires étrangères se réuniront deux jours plus tôt au Caire, selon des sources diplomatiques.

Au moment de mettre sous presse, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunissait pour discuter du Proche-Orient.

Avec AFP et AP

 




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