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Le procès de «la taupe» Manning s'ouvre en cour martiale

Les partisans de Manning, venus le soutenir par... (PHOTO NICHOLAS KAMM, AFP)

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Les partisans de Manning, venus le soutenir par centaines samedi devant la base militaire de Fort Meade, près de Washington, le présentent comme une icône de la paix, un héros dénonçant courageusement les abus de la politique étrangère américaine.

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Fuites de WikiLeaks
Fuites de WikiLeaks

Consultez notre dossier sur la publication de 250 000 câbles diplomatiques américains par WikiLeaks. »

Chantal VALERY
Agence France-Presse
Fort Meade, Maryland

Le procès du jeune soldat américain Bradley Manning s'est ouvert lundi matin devant une cour martiale à Fort Meade, près de Washington, où il est jugé pour l'une des plus importantes fuites de documents confidentiels de l'histoire des États-Unis.

Corps frêle et visage d'adolescent, le jeune homme de 25 ans a commencé à comparaître vers 9 h 45 devant la juge militaire Denise Lind. Dès l'ouverture, il a confirmé qu'il plaidait coupable de 10 chefs d'accusation sur les 22 qui pèsent contre lui.  Assis au côté de son avocat David Coombs, l'accusé s'est contenté de répondre «Oui Madame» à la juge qui lui demandait s'il «voulait poursuivre avec son plaider coupable».

L'ancien soldat se considère en revanche innocent des accusations les plus lourdes de «collusion avec l'ennemi» ou de «publication sur internet de renseignements militaires en sachant qu'ils seront accessibles à l'ennemi».

Après un an et demi d'audiences préliminaires, les médias américains et étrangers étaient venus nombreux, patientant plus de deux heures pour se soumettre aux stricts contrôles de sécurité. Qualifiés de «procès du siècle» par le Réseau de soutien de l'accusé, les débats avaient aussi attiré lundi une trentaine de manifestants, alignés sous la pluie devant la base militaire, brandissant des pancartes «Bradley Manning, héros», ou scandant «Libérez Bradley!».

L'ancien soldat de première classe - le grade le plus bas de l'armée américaine - a d'ores et déjà reconnu avoir téléchargé et livré au site internet WikiLeaks des milliers de rapports militaires classés «secret défense» et de dépêches du département d'État.

Mais il nie avoir jamais voulu «nuire» aux États-Unis, comme l'affirme l'accusation, et déclare avoir tenté de «provoquer un débat public» sur les guerres en Irak et en Afghanistan. Au contraire, le gouvernement américain avance que l'ex-soldat a mis «sciemment» les États-Unis en danger en divulguant ces documents secrets, auxquels il avait accès dans le cadre de ses fonctions d'analyste du renseignement en Irak, de novembre 2009 à son arrestation en mai 2010.

Il l'accuse de «collusion avec l'ennemi», en l'occurrence avec Al-Qaïda, et entend prouver que les informations dévoilées sont arrivées entre les mains de l'organisation extrémiste. L'accusation porte sur quelque 700 000 documents classifiés.

Des témoignages à huis clos

Manning a plaidé coupable sur 10 des 22 charges qui pèsent contre lui. Malgré ce plaider-coupable partiel, il risque la réclusion criminelle à perpétuité, si la juge militaire Denise Lind décide qu'il est coupable d'avoir aidé l'ennemi des États-Unis. Parmi 150 témoins appelés à la barre, 24 témoigneront à huis clos, notamment des ambassadeurs et des responsables du renseignement, ainsi qu'un membre du commando ayant participé au raid de mai 2011 contre le bunker d'Oussama ben Laden, qui dira, loin des regards médiatiques, si des documents divulgués par Manning ont été retrouvés dans la cache du chef d'Al-Qaïda.

Les partisans de Manning le présentent au contraire comme un héros dénonçant courageusement les abus de la politique étrangère américaine. Ils citent la vidéo d'une bavure sur des civils irakiens que le soldat a reconnu avoir divulguée car elle lui «faisait horreur».

Ou encore les rapports secrets des 779 détenus passés par les geôles de Guantanamo, dont Manning a permis de découvrir que 150 étaient incarcérés sans raison. Le procès Manning prend une résonance particulière alors que l'administration de Barack Obama est sous le feu des critiques pour son offensive contre les fuites d'informations sensibles dans la presse, après la saisie de relevés téléphoniques de journalistes de l'agence Associated Press et de Fox News.

Le grand absent dans cette affaire est le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. Celui-ci a rappelé dans un éditorial du New York Times publié dimanche que le ministère de la Justice - qui espère le confondre pour complot - était dans sa «troisième année d'enquête pénale continue contre WikiLeaks». Les débats, qui devraient durer jusqu'au 23 août, s'ouvrent trois ans après l'arrestation de Manning en Irak.

Écroué depuis, il a en particulier passé neuf mois en isolement dans la prison militaire de Quantico en Virginie. Son avocat David Coombs a dénoncé «le rythme d'escargot» de la procédure et demandé l'abandon des charges en raison des conditions de détention à Quantico que le rapporteur de l'ONU sur la torture avait qualifiées de «cruelles, inhumaines et dégradantes».

La colonelle Denise Lind lui a accordé pour cela près de quatre mois de remise de peine, sur les 154 années de prison encourues.




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