(Washington) La Cour suprême des États-Unis a octroyé mercredi une victoire au gouvernement de Donald Trump en l’autorisant à poursuivre une politique qui a permis de renvoyer au Mexique plus de 60 000 demandeurs d’asile.

Agence France-Presse

Annoncée en décembre 2018 et mise en œuvre un mois plus tard, cette politique, baptisée « Restez au Mexique », vise tous les demandeurs d’asile arrivés aux États-Unis via le Mexique, mais pas les Mexicains eux-mêmes, et permet de les maintenir hors des États-Unis le temps de l’examen de leur dossier.

Plus de 60 000 migrants, en grande majorité fuyant la pauvreté et la violence en Amérique centrale, ont été renvoyés au Mexique dans ce cadre en 13 mois, selon la Maison-Blanche.

Une cour d’appel fédérale a récemment jugé le dispositif illégal et il devait en conséquence être suspendu sur des pans de la frontière à partir de jeudi.  Le gouvernement républicain a alors saisi la Cour suprême en urgence pour lui demander de bloquer l’ordre du tribunal.

Dans un document, il a plaidé que, si la décision était appliquée, « 25 000 migrants en attente au Mexique se précipiteraient pour entrer aux États-Unis ». « Un flux de cette importance représenterait un fardeau hors norme pour les États-Unis et abîmerait nos relations diplomatiques avec le gouvernement du Mexique », a-t-il ajouté.

Mardi, la Cour suprême lui a donné raison. L’ordre du tribunal « est suspendu en attendant » l’examen des arguments sur le fond, a-t-elle décidé sans donner plus d’explication.

La juge progressiste Sonia Sotomayor a précisé ne pas être d’accord.

Le temple du droit américain, remanié par Donald Trump, a accordé plusieurs victoires significatives à l’administration républicaine en matière d’immigration ces derniers mois.

Il l’a notamment autorisé à financer la construction d’un mur à la frontière sud avec des fonds militaires ou à pénaliser les migrants bénéficiant d’aides sociales.

Le locataire de la Maison-Blanche, qui espère remporter un second mandat le 3 novembre, a fait de la lutte contre l’immigration illégale un des marqueurs de sa présidence.