(San José) Tortures et violences sexuelles ont été infligées en prison à des opposants nicaraguayens au président Daniel Ortega, révèle le rapport d’une ONG présenté mardi au Costa Rica.

Agence France-Presse

Le rapport du Collectif des droits de l’Homme Nicaragua Jamais + se fonde sur des entretiens menés avec 56 anciens détenus.

Ils font état de violences sexuelles, de suffocation avec des sacs en plastique, de coups de pieds et de poings, de décharges électriques, de brûlures de cigarettes, ou encore de l’utilisation de la « roulette russe », selon l’un des auteurs du rapport, Juan Carlos Arce.

« Le but de ces pratiques est de terroriser » afin de démobiliser les manifestants, a-t-il commenté lors de la présentation du rapport à San José.

Le Nicaragua, dirigé depuis 2007 par l’ex-guérillero sandiniste Daniel Ortega, traverse une grave crise politique depuis avril 2018.

Une première contestation contre une réforme de la sécurité sociale a évolué vers des manifestations réclamant le départ du président, accusé d’avoir instauré une dictature corrompue, et des élections anticipées.

La répression a été sanglante. Plus de 325 personnes ont été tuées, près de 70 000 se sont exilées, des centaines d’opposants ont été emprisonnés et le pays est plongé dans une profonde récession économique.

Le rapport cite quatre témoignages détaillés de femmes qui ont subi de graves abus sexuels durant leur détention.

L’une d’elles, incarcérée à la prison La Modelo, près de Managua, raconte avoir été emmenée dans une salle où l’attendaient sept hommes masqués qui l’ont menacée de mort avant de la violer.

Cette femme, dont l’identité est gardée secrète, raconte qu’elle a souffert de saignements durant plus d’une semaine après le viol.

« La répression a été monstrueuse, la résistance immense », a déclaré le directeur du Collectif, Gonzalo Carrión. « Jamais, en temps de paix, le peuple nicaraguéen n’a subi autant de répression criminelle », a-t-il ajouté.