(Bogota) Au moins 2160 personnes ont fui et 680 autres sont confinées par crainte d’affrontements entre la guérilla de l’ELN et des narcotrafiquants dans une région du nord-ouest de la Colombie stratégique pour l’exportation de la cocaïne, a annoncé samedi une agence de l’ONU.

Agence France-Presse

Ces plus de 2800 civils – des indigènes et des afro-colombiens – affrontent une « crise humanitaire et une situation sécuritaire complexe » due à la présence des milices d’Autodéfense gaïtanistes de Colombie (AGC) dans une zone rurale de la municipalité d’Alto Baudo, dans le département du Choco, a précisé le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), dans un communiqué.

Les communautés locales craignent « des affrontements avec d’autres groupes armés présents dans cette zone (Armée de libération nationale, ELN) », a poursuivi l’antenne locale d’Ocha.

Sévèrement affecté par le conflit armé colombien, le département du Choco compte d’importantes plantations de coca, matière première de la cocaïne, et il occupe une position stratégique pour l’exportation de la drogue vers les États-Unis par l’océan Pacifique.

Il y a eu 21 100 personnes déplacées par la violence entre 2017 et 2018 dans le Choco, selon le registre officiel des victimes du conflit armé qui déchire la Colombie depuis plus d’un demi-siècle.

Considérée comme la dernière guérilla du pays depuis le désarmement des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui ont signé la paix en 2016 avec le gouvernement, l’ELN compte environ 2300 combattants et un important réseau de soutien dans les zones urbaines.

Apparue en 1964 et inspirée des idées du révolutionnaire Ernesto « Che » Guevara, cette rébellion opère dans 10 % des 1100 municipalités du pays, selon des études indépendantes.

Les AGC sont le bras armé du Clan del Golfo, principal gang de narcotrafiquants de Colombie, issu de la démobilisation des milices paramilitaires d’extrême droite en 2006.