(Brasilia) Le président Jair Bolsonaro, qui doit subir une nouvelle opération chirurgicale, s’est dit déterminé lundi à aller défendre la position du Brésil sur l’Amazonie devant l’Assemblée générale de l’ONU à New York «même […] en fauteuil roulant».

Agence France-Presse

«Je vais me présenter devant l’ONU même si ce doit être en fauteuil roulant ou sur un brancard, je vais y aller parce que je veux parler de l’Amazonie», a dit le président à Brasilia devant des journalistes.

C’est au Brésil qu’incombe traditionnellement le premier discours devant l’Assemblée générale qui est prévu cette année le 24 septembre.

M. Bolsonaro souhaite y défendre fermement la souveraineté du Brésil sur les 60% de l’Amazonie qu’il abrite. Malgré le déploiement de l’armée depuis une semaine, les incendies progressent encore, avec plus d’un millier de nouveaux départs de feu en 24 heures.

Jair Bolsonaro doit être opéré dimanche pour la 4e fois depuis l’attentat à l’arme blanche qui avait failli lui coûter la vie durant sa campagne électorale, il y a un an, le 6 septembre 2018.

Il doit être réopéré pour «une hernie incisionnelle» à l’abdomen, c’est-à-dire une éventration de la paroi abdominale, suivie de 10 jours de convalescence, selon ses médecins d’un grand hôpital de Sao Paulo.

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Jair Bolsonaro

Les incendies qui font rage dans diverses régions de l’Amazonie ont mis le Brésil sous une intense pression internationale et provoqué une crise diplomatique avec la France, dont le président Emmanuel Macron a déclaré que la question de la souveraineté de la plus grande forêt tropicale du monde était ouverte car elle est essentielle dans la régulation climatique de la planète tout entière.

M. Bolsonaro a conditionné à plusieurs reprises une acceptation par le Brésil de l’aide de 20 millions de dollars débloquée par les pays du G7 pour lutter contre les incendies à une rétractation de M. Macron.

«Nous n’accepterons l’aumône d’aucun pays dans le monde au prétexte de protéger l’Amazonie», a insisté Jair Bolsonaro lundi.

«Mobilisation de soutien»

Le président a soutenu depuis son arrivée au pouvoir les activités minières dans des réserves indigènes et autres zones protégées et estime que des pays profitent de la préservation de l’Amazonie pour s’ingérer et remettre en question la souveraineté brésilienne.

«L’Amazonie est vendue en lots et je ne vais pas laisser passer cette occasion» devant l’ONU, a-t-il dit.

Brasilia a accueilli très fraîchement la semaine dernière une idée avancée par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres d’une «réunion dédiée à la mobilisation de soutiens» sur l’aide à l’Amazonie en marge de la prochaine assemblée générale.

En l’espace de 24 heures jusqu’à dimanche soir, quelque 1390 nouveaux départs de feux ont été enregistrés dans tout le Brésil, dont plus de la moitié en Amazonie, selon l’Institut national de recherche spatiale (INPE).

Pour le seul mois d’août, avec 30 901 foyers, l’Amazonie a cumulé à elle seule un tiers des incendies enregistrés dans tout le Brésil depuis janvier.

Un aréopage de ministres s’est rendu lundi dans l’État amazonien du Para afin de rencontrer les gouverneurs des neuf États concernés et avant d’aller à Manaus, capitale de l’État d’Amazonas.  

Jair Bolsonaro n’est pas allé en Amazonie depuis le déclenchement de la crise actuelle, et un seul ministre de son gouvernement a jusqu’ici survolé une région affectée par les incendies de forêt.

Le ministre de la Défense Fernando Azevedo e Silva a déclaré que deux avions promis par le Chili étaient arrivés lundi pour lutter contre les incendies.