(Mexico) Le gouvernement mexicain a dénoncé la décision de Washington de verrouiller l’accès à l’asile en refusant toutes les demandes déposées à sa frontière sud par des migrants n’ayant pas sollicité le statut de réfugié au Mexique ou dans un autre pays sur la route des États-Unis.

Agence France-Presse

« Le Mexique n’est pas d’accord pas avec les mesures qui verrouillent (l’accès à) l’asile ou (au statut) de réfugié, visant ceux qui craignent pour leur vie dans leur pays d’origine », a déclaré le chef de la diplomatie mexicaine Marcelo Ebrard lors d’une conférence de presse.

« Nous allons être très vigilants sur le respect du principe de non-refoulement, conformément au droit international en vigueur », a-t-il ajouté.  

Le principe de non-refoulement prévoit qu’aucun État signataire de la Convention de l’ONU de 1951 sur le statut des réfugiés « n’expulsera ou ne refoulera, de quelque manière que ce soit, un réfugié sur les frontières des territoires où sa vie ou sa liberté serait menacée en raison de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques ».

Un peu plus tôt lundi, le gouvernement américain avait annoncé qu’il allait refuser à compter de mardi l’asile aux migrants transitant par le Mexique.  

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Le procureur général des États-Unis, Bill Barr

« Les États-Unis sont généreux mais complètement débordés par le fardeau créé par les centaines de milliers d’étrangers arrêtés à la frontière sud », a déclaré le procureur général Bill Barr dans un communiqué annonçant la mise en place, à compter de mardi, de cette nouvelle règle.  

Celle-ci est censée « décourager les migrants économiques qui veulent exploiter notre système d’asile ».  

Tout comme l’Union européenne permet de renvoyer les demandeurs d’asile dans le pays membre par lequel ils sont entrés dans l’UE, les lois américaines prévoient la possibilité de refuser les demandes d’asile des migrants ayant transité par un pays tiers considéré comme « sûr ». Mais elles renvoient la définition des pays « sûrs » à la conclusion d’accords bilatéraux.  

Interrogé sur ce point précis, à savoir si le Mexique allait de facto devenir un pays tiers «sûr», Marcelo Ebrard a rappelé que cette décision devait recevoir l’aval du Parlement mexicain.  

« Nous ne débuterons aucune négociation sur le statut de “pays tiers sûr” sans recevoir le feu vert du Parlement », a-t-il expliqué.