Les États-Unis se sont dits mercredi «inquiets» après un vote du Parlement vénézuélien qui accorde au président Nicolas Maduro le pouvoir de gouverner par décret, rappelant leur attachement à la «séparation des pouvoirs».

Mis à jour le 20 nov. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Nous sommes inquiets que l'Assemblée nationale vénézuélienne ait accordé au président Maduro le pouvoir de gouverner par décret pour les 12 prochains mois», a déclaré la porte-parole du département d'État américain, Jennifer Psaki. «Nous croyons en la séparation des pouvoirs, et l'existence de branches indépendantes du gouvernement constitue un élément essentiel de la démocratie», a-t-elle ajouté.

Le président vénézuélien avait présenté le mois dernier au Parlement cette demande de pouvoirs accrus, afin de lutter contre la corruption et une supposée «guerre économique» menée, selon lui, par l'opposition et ses soutiens «impérialistes» basés à l'étranger.

Après l'avoir validé une première fois le 14 novembre, l'Assemblée nationale (parlement unicaméral) a adopté le texte en seconde lecture avec le minimum des voix requises (99 voix sur 165, majorité des 3/5e).

Les pouvoirs spéciaux permettant de gouverner par décret sans passer par l'Assemblée ont été demandés par tous les présidents du Venezuela depuis les années 1970. Hugo Chavez y a eu recours en 2000, 2001, 2008 et 2010.

Même si ce cas de figure est prévu dans la constitution vénézuélienne, «cela n'en fait pas quelque chose de bien», a jugé Jennifer Psaki: «Nous pensons qu'il est particulièrement important que les gens puissent faire entendre leur voix dans tous les pays, dans tout processus de décision».

«C'est pour cette raison que la séparation des pouvoirs est si importante», a-t-elle conclu.

Washington et Caracas, qui n'ont plus d'ambassadeurs respectifs depuis 2010, mais des chargés d'affaires, entretiennent des relations diplomatiques particulièrement tendues.

Les gouvernements du président décédé Hugo Chavez (1999-2013) et de son successeur Nicolas Maduro fustigent régulièrement des tentatives de déstabilisation par une opposition qui serait soutenue par les États-Unis.