Le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a demandé vendredi la mise en place d'une «enquête indépendante» sur les circonstances de la mort de 355 prisonniers décédés mardi soir dans l'incendie d'un pénitencier à Comayagua au centre du Honduras.

Publié le 17 févr. 2012
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Le Haut commissariat regrette profondément la perte de plus de 350 vies (...) dans le tragique incendie de la prison de Comayagua au Honduras», a déclaré un porte-parole de l'organe onusien, Rupert Colville.

Il a ajouté que le Haut commissariat «soutient pleinement la mise en place d'une enquête indépendante approfondie sur les causes de l'incendie et pour savoir si les conditions dans la prison ont contribué à la perte énorme de vies».

Pour l'instant, les autorités ont mis en place une enquête menée par une commission spéciale, dirigée par un procureur et la direction des Affaires criminelles.

La plupart des victimes sont mortes accrochées aux barreaux de leur cellules, a raconté un témoin à l'AFP. Il y avait 852 prisonniers à Comayagua: le double de la capacité de la prison.

«Nous exhortons le gouvernent à veiller à ce que les familles de tous ceux qui étaient détenus dans la prison de Comayagua au moment de l'incendie reçoivent des informations complètes sur la situation de leurs proches sans plus tarder», a dit M. Colvillle.

Le Haut commissariat appelle le gouvernement du Honduras à prendre «des mesures urgentes pour éviter une répétition de cet incident, conformément aux recommandations reçues par les organisations internationales et régionales des droits de l'homme», dont la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH).

La CIDH a également demandé la mise en place d'une enquête sur les circonstances de la mort des prisonniers pour sanctionner d'éventuels responsables.

L'incendie, le pire jamais enregistré dans un pénitencier dans le monde depuis 10 ans et dont la cause reste encore inconnue, s'est déclaré à 22h50 heure locale mardi (23h50, heure de Montréal) et a été maîtrisé environ trois heures plus tard.

En mai 2004, une centaine de prisonniers étaient morts dans un incendie dans une autre prison hondurienne, à San Pedro Sula.

Le Honduras, pays d'Amérique centrale qui détient le record mondial du taux d'homicides par habitant (plus de 80 par tranche de 100 000 selon l'ONU), dispose de 24 centres de détention, d'une capacité totale de 8000 places, mais la population carcérale atteint 13 000 personnes pour 7,7 millions d'habitants.

Mais les problèmes qui affectent les prisons, dont leur surpopulation, affectent de nombreux autres pays en Amérique latine, déplore le Haut commissariat qui fait valoir des décès ces dernières semaines en Argentine, en Uruguay, au Venezuela et au Chili, ainsi que l'an dernier au Panama.

«Ces évènements reflètent une tendance alarmante vers plus de violence dans les prisons dans la région, qui s'explique -ou est aggravée- par des problèmes endémiques, dont la surpopulation chronique, le manque d'accès aux services de base tels que (...) l'eau potable, la nourriture, les soins de santé».