Un groupe de 33 femmes se sont retranchées mardi au fond d'une mine désaffectée du Chili et menacent d'une grève de la faim sous terre, pour défendre l'emploi dans les zones sinistrées par le séisme et le tsunami de février, ont rapporté des médias chiliens.

Publié le 16 nov. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

Les 33 femmes sont recluses à 500 mètres de profondeur dans la mine dite «Chiflon del Diablo», près de la ville Lota, à 500 km environ au sud de Santiago: cette ancienne mine de charbon désaffectée dans les années 90 a été transformée en site touristique, aux galeries ouvertes aux visiteurs.

Le groupe, qui dit représenter plus de 12 000 personnes dans le centre-sud du pays, réclame la réactivation et l'inscription au budget 2011 d'un plan d'emploi d'urgence, pour des travaux de déblaiement et reconstruction, et qui selon elles a permis à des milliers de foyers sinistrés de tenir en 2010.

«Nous avons essayé beaucoup de choses pour qu'on nous prenne en compte, mais le gouvernement ne nous a pas écoutées, alors nous sommes réduites à cette mesure de force», a déclaré Brigida Lara, une porte-parole du groupe à la surface, citée par le site internet du quotidien La Tercera.

La police était présente mardi enfin de journée en surface de la mine.

Le choix du nombre, 33, s'inspire directement des 33 mineurs de San José (nord) dont le calvaire souterrain a accaparé l'attention du gouvernement, et au-delà du monde, pendant plus de deux mois. Bloqués à 600 mètres sous terre par un éboulement début août, ils avaient été ramenés sains et saufs en surface lors d'un sauvetage spectaculaire le 13 octobre.

Les 33 femmes ont demandé une réunion avec l'archevêque de Concepcion Mgr Ricardo Ezzati et l'intendante (préfet) régionale Jacqueline Van Rysselberghe. Elles menacent d'entamer mercredi une grève de la faim.

Le séisme et le tsunami qui ont dévasté une partie du littoral et des villes du centre-sud du Chili le 27 février ont fait 521 morts et 56 disparus, et causé des dégâts évalués à 30 milliards de dollars.