(Wilmington) Plus de 50 millions de cas du nouveau coronavirus ont été détectés dans le monde depuis le début de la pandémie et le président américain désigné Joe Biden a annoncé la mise en place dès lundi d’une cellule de crise sur le coronavirus.

Peter HUTCHISON avec les bureaux de l’AFP dans le monde Agence France-Presse

Dans son premier discours après l’annonce des résultats de la présidentielle américaine, le démocrate Joe Biden a déclaré que cette future cellule de crise, composée de scientifiques et d’experts, serait chargée de bâtir un « plan qui entrera en vigueur dès le 20 janvier 2021 », jour de son investiture.  

Il prend ainsi le contrepied de son rival Donald Trump, qui a toujours minimisé la pandémie.

Le pays, déjà le plus touché au monde, fait face à une nette recrudescence de l’épidémie, avec des nombres records de nouvelles contaminations depuis plusieurs jours.  

Les États-Unis ont enregistré ces dernières 24 heures plus de 122 000 nouveaux cas positifs et 991 décès, portant le bilan total à plus de 237 000 morts.  

Au total, 50 010 400 cas, dont 1 251 980 décès, ont été recensés dans le monde depuis le début de la pandémie en Chine en décembre. La hausse du nombre de cas détectés ne s’explique qu’en partie par l’augmentation du nombre de tests pratiqués et de nombreux pays, notamment en Europe et aux États-Unis, font face à une importante nouvelle vague de contaminations.

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Leipzig, samedi soir.

Plus de 12,5 millions de cas ont été enregistrés en Europe où les restrictions face à la deuxième vague provoquent des poussées de colère.

La ville de Leipzig dans l’est de l’Allemagne a ainsi été le théâtre de violences samedi entre les forces de l’ordre et des manifestants « anti-masques », dénoncées par la classe politique.

« Affront à la science »

À Madrid, des centaines de complotistes et d’activistes anti-vaccins ont manifesté samedi le long de la promenade du Prado contre la « dictature » du virus COVID-19 et les restrictions imposées par les autorités espagnoles pour tenter d’endiguer l’épidémie.

PHOTO MANU FERNANDEZ, AP

Des manifestants contre les restrictions liées à la COVID-19, samedi, au centre-ville de Madrid

Les confinements décrétés dans toute l’Europe pour juguler cette nouvelle vague restent cependant moins stricts qu’au printemps et les gouvernements réfléchissent à des pistes pour juguler la pandémie.

La France a néanmoins à nouveau écarté dimanche la piste d’un confinement imposé pour les personnes âgées.  

« Éthiquement, ce serait objectivement compliqué », a expliqué le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, et « c’est parfois méconnaître la situation de beaucoup de personnes âgées qui ne vivent pas seules […] », a-t-il ajouté, soulignant que 30 % des personnes en réanimation ont moins de 60 ans.  

La France a dépassé samedi la barre des 40 000 décès liés à la COVID-19, et des patients y souffrant de la COVID-19 commencent à être transférés vers des hôpitaux allemands.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a cependant jugé qu’il y avait un « frémissement » et « une forme de ralentissement » dans la progression de l’épidémie, mais estimé qu’il était trop tôt pour tirer des conclusions sur l’efficacité du reconfinement.

En Suisse, l’armée mobilisait ce dimanche des réservistes pour tenter de faire face à la deuxième vague de la COVID-19 dans les hôpitaux.

« C’est un nouvel effort qui vous est demandé », a lancé le lieutenant-colonel suisse Raul Barca, face à une centaine de réservistes, tous masqués, devant le hangar de la place d’armes de Moudon, dans le canton de Vaud (ouest).

Le Portugal rejoint lundi les pays ayant décrété un couvre-feu pour parer à la résurgence du virus. Il débutera dès 13 h le week-end, pour au moins deux semaines, a annoncé le premier ministre Antonio Costa.

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Athènes, en Grèce, le premier soir d’un confinement de trois semaines

La Grèce avait quant à elle introduit samedi un deuxième confinement, marchant dans les traces de la France, l’Angleterre, l’Irlande et d’une partie de l’Italie.

Pour chaque sortie, les Grecs doivent obtenir un feu vert des autorités, par texto. Des barrages routiers vérifient les permis spéciaux nécessaires pour se déplacer. L’amende pour ceux qui ne portent pas le masque a doublé, à 300 euros.

En Inde, la saison redoutée de la pollution risque cette fois de décupler les effets du coronavirus, selon des pneumologues de New Delhi.

Élevages touchés

Sur le plan scientifique, des inquiétudes sont nées après la découverte chez douze personnes au Danemark d’une version mutante du SARS-CoV-2 transmissible à l’homme, issue d’élevages de visons. Par précaution, le Royaume-Uni a annoncé samedi fermer ses frontières aux voyageurs de ce pays.  

La mutation d’un virus est banale et souvent anodine, selon la communauté scientifique. Mais dans le cas de cette souche, appelée « Cluster 5 », elle implique, d’après les premières études, une moindre efficacité des anticorps humains, ce qui menace la mise au point d’un vaccin contre la COVID-19.

Six pays, le Danemark, les Pays-Bas, l’Espagne, la Suède, l’Italie et les États-Unis, ont rapporté à l’OMS des cas de COVID-19 dans des élevages de visons. Tous les visons élevés au Danemark, soit 15 à 17 millions d’animaux, vont être abattus.