(New York) Les Bourses européennes ont dans l’ensemble progressé mardi, quoique sans grande conviction, dans un marché soulagé par les chiffres de l’inflation américaine et se tournant vers les premiers résultats d’entreprises pour conforter ses anticipations de reprise.

Agence France-Presse

Au terme d’une séance sans grand éclat, les Bourses européennes ont terminé globalement en hausse : Paris a gagné 0,36 %, s’offrant un nouveau plus haut en clôture depuis novembre 2000, Francfort a grappillé 0,13 % tandis que Milan est monté de 0,59 %. Londres (+0,02 %) et Madrid (-0,09 %) ont fini pour leur part à l’équilibre.

Wall Street a terminé en ordre dispersé, mais le NASDAQ, à forte concentration technologique, a solidement rebondi de 1,05 % tandis que le S&P 500, en hausse de 0,33 %, a grappillé un nouveau record.  

Mais le Dow Jones, notamment plombé par le recul de l’action de Johnson and Johnson (-1,34 %) dont le vaccin a été mis en pause par les autorités sanitaires américaines, a lâché 0,20 %.

Certes, les marchés européens évoluent « toujours sur des plus hauts », mais leurs performances restent « molles » avec un indice comme le Dax qui évolue sans grand changement depuis quelques jours, note auprès de l’AFP Alexandre Baradez, analyste chez IG France.

« Le marché hésite à continuer d’attendre de meilleures nouvelles pour aller un petit peu plus haut et, en même temps, personne n’a trop envie de vendre parce que tout le monde attend cette “réaccélération” de l’économie européenne », poursuit-il.

Il y a en effet « toujours cette projection de la reprise » dans l’esprit des investisseurs, selon lui, « une reprise qui n’est pas arrêtée, mais simplement retardée par les évènements liés à la pandémie de COVID-19 ».

Le groupe pharmaceutique américain Johnson & Johnson a indiqué mardi qu’il avait « pris la décision de retarder le déploiement » de son vaccin unidose contre la COVID-19 en Europe après la décision des autorités sanitaires américaines de recommander « une pause » dans son utilisation après l’apparition de rares cas de caillots sanguins.

Cette pause n’aura toutefois « pas d’impact important » sur la campagne de vaccination aux États-Unis, a affirmé la Maison-Blanche.

Les investisseurs ont aussi pris connaissance des très attendus prix à la consommation américains pour le mois de mars, qui, n’ayant pas réservé de mauvaise surprise, ont entraîné une légère détente sur le marché obligataire.

Sur un mois, l’inflation a augmenté de 0,6 % par rapport à février aux États-Unis, un peu plus que les 0,5 % attendus par les analystes. La hausse est de 2,6 % comparé à mars 2020, lorsque les prix, sous l’effet du confinement, avaient chuté.  

Dans le sillage de cette publication, le taux à dix ans américain, qui était monté en début de matinée jusqu’à 1,70 %, est redescendu autour de 1,62 %.

Ce léger repli des taux américains « constitue plutôt un environnement favorable » aux valeurs technologiques, selon M. Baradez.

Les investisseurs faisaient également preuve d’un certain attentisme en amont de la saison des résultats, avec les publications des grandes banques américaines attendues mercredi et jeudi.

En Allemagne, le moral des investisseurs est reparti à la baisse en avril, après quatre mois de hausse, selon le baromètre ZEW.

Babcock supprime des emplois

À Londres, le groupe de défense Babcock s’est envolé (+31,98 % à 319,40 pence) après avoir dévoilé une vaste réorganisation visant à simplifier ses activités, ce qui passera par la suppression de 1000 emplois dans le monde.

Augmentation de capital chez Air France-KLM

Le titre de la compagnie aérienne a fini en queue du SBF 120 à Paris (-5,04 % à 5,05 euros) à la suite du lancement d’une augmentation de capital de 988 millions d’euros via l’émission de nouvelles actions, dans le cadre du plan d’aide accordé par l’État français.

L’euro se redresse, le bitcoin explose

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin a conclu à 63,67 dollars en hausse de 0,61 % par rapport à la clôture de la veille.

À New York, le baril américain de WTI pour mai a grimpé de 0,80 % à 60,18 dollars.  

Dans le même temps, l’euro s’est redressé face au dollar, qui a atteint un plus bas en trois semaines : il gagnait 0,29 % face au billet vert, à 1,1945 dollar vers 15 h.

À la veille de l’introduction à Wall Street de l’une des plus grandes plateformes de vente de cryptomonnaies, Coinbase, le bitcoin a une nouvelle fois dépassé son précédent record, qui datait de mi-mars.

Vers 19 h GMT, le bitcoin grimpait de plus de 5 % à 63 193 dollars par rapport à la veille après avoir atteint un nouveau plus haut historique à 63 703 dollars.