(New York) Les prix du pétrole ont terminé en nette baisse mercredi, lestés par un regain de tensions entre les États-Unis et la Chine et des interrogations sur la production dans les prochains mois en Russie.

Agence France-Presse

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet a lâché 1,43 dollar, ou 4,0 %, pour finir à 34,74 dollars.

À New York, le baril américain de WTI pour juillet a perdu de son côté 1,54 dollar, ou 4,5 %, pour clôturer à 32,81 dollars

« La dégradation des relations entre les États-Unis et la Chine a apporté un élément négatif » pour les prix du pétrole, a expliqué Fiona Cincotta, analyste pour City Index.

Les États-Unis ont formellement conclu mercredi que Hong Kong ne jouissait plus de l’autonomie promise par la Chine, ouvrant la voie à une remise en cause des privilèges commerciaux accordés à l’ex-colonie britannique dans une riposte spectaculaire à une loi sécuritaire controversée voulue par Pékin.

Ce dossier est venu détériorer encore un peu plus les relations entre les deux premières puissances mondiales, déjà tendues à l’extrême au sujet de la gestion du coronavirus.

Les prix de l’or noir sont aussi sous pression « après des commentaires de la Russie sur l’accord OPEP+, suggérant que le pays a l’intention de faire remonter sa production à partir de juillet », souligne Robbie Fraser de Schneider Electric.  

L’OPEP+, c’est-à-dire les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs principaux partenaires, a décidé en avril de réduire collectivement la production de brut de 9,7 millions de barils par jour en mai et juin. Selon les premières estimations, les participants à l’accord ont jusqu’à présent plutôt bien respecté leurs quotas, permettant aux cours de l’or noir de regagner un peu du terrain perdu depuis le début de la pandémie.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a par ailleurs prévenu mercredi que la crise du coronavirus allait se traduire par une chute historique des investissements dans l’énergie : elle anticipe un recul d’environ 20 % – soit l’équivalent de près de 400 milliards de dollars – des investissements dans le monde cette année, en comparaison avec 2019.

Le plus gros impact est a priori sur le pétrole : les investissements doivent chuter d’un tiers pour l’or noir dans son ensemble et même d’environ 50 % pour le schiste, qui avait explosé en Amérique du Nord ces dernières années avant d’être de plus en plus fragilisé.