Ebola: nouvelles mesures de quarantaine en Sierra Leone

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Une jeune fille pleure la mort de ses parents à l'extérieur d'une clinique de traitement d'Ebola à Monrovia.

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Virus Ebola
Virus Ebola

L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola s'est déclarée au début de l'année 2014 en Guinée avant de gagner le Liberia puis la Sierra Leone. Le virus mortel touche de plus en plus de personnes. »

Rod MAC JOHNSON
Agence France-Presse
Freetown

Moins d'une semaine après un confinement total de sa population pour tenter d'enrayer la propagation d'Ebola, la Sierra Leone a décidé de nouvelles mesures de quarantaine, avant une réunion à l'ONU sur l'épidémie qui fait rage en Afrique de l'Ouest.

Cette fièvre hémorragique virale hautement contagieuse a fait 2917 morts sur 6263 cas recensés dans plusieurs pays de la région, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), arrêté au 21 septembre et publié jeudi à Genève.

Dans une déclaration télévisée tard mercredi soir, le président sierra-léonais Ernest Bai Koroma a annoncé la mise en quarantaine de trois régions et 12 chefferies, où vivent 1,2 million de personnes, dans un pays en état d'urgence sanitaire depuis août pour faire face à Ebola.

«Les districts de Port Loko (nord), Bombali (nord) et Moyamba (sud) sont mis en quarantaine avec effet immédiat», a déclaré le président Koroma, sans préciser la durée de cette mesure.

«Le confinement de ces districts et chefferies va évidemment poser de nombreuses difficultés, mais la survie de nos concitoyens et de notre pays est prioritaire», a-t-il soutenu. «Ces temps sont éprouvants pour tout le monde dans notre pays», a-t-il commenté.

Deux districts du pays sont déjà en quarantaine depuis août: Kenema et Kailahun, dans l'est, épicentre de la flambée en Sierra Leone.

Ainsi, ce sont au total cinq des 14 districts du pays - et plus d'un tiers des quelque six millions d'habitants de Sierra Leone - qui sont concernés par les restrictions de circulation.

Ces nouvelles mesures interviennent moins d'une semaine après la fin d'un confinement imposé à toute la population, du 17 au 19 septembre. Trois jours durant lesquels plus de 28 000 volontaires ont été mobilisés pour une campagne de porte-à-porte géante, selon les autorités, qui ont affirmé avoir pu récupérer à cette occasion 90 corps et identifié plus de 200 cas suspects d'Ebola sur toute l'étendue du territoire.

La Sierra Leone est, avec le Liberia et la Guinée, un des trois pays les plus affectés par l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, la plus grave de l'histoire de cette fièvre hémorragique identifiée en 1976.

Déclarée en début d'année dans le sud de la Guinée, la flambée s'est ensuite étendue. D'après le bilan de l'OMS diffusé jeudi, le Liberia compte 1677 morts sur 3280 cas, la Guinée 635 morts sur 1022 cas, et la Sierra Leone 597 morts sur 1940 cas.

Le Nigeria optimiste

Le Nigeria est aussi touché, avec huit décès sur 20 cas depuis juillet. Aucun nouveau cas n'y a été signalé depuis le 8 septembre.

Dans une poussée d'enthousiasme, le président nigérian Goodluck Jonathan, présent à New York pour l'Assemblée générale annuelle des Nations unies, a affirmé mercredi que son pays n'était désormais «plus touché par Ebola».

Pour déclarer la fin d'une épidémie d'Ebola, il faut attendre 42 jours sans aucun nouveau cas, soit deux fois la période d'incubation maximum du virus.

À l'occasion de l'Assemblée générale de l'ONU, le secrétaire général Ban Ki-moon présidera une réunion sur la lutte contre l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest.

En plus du président nigérian, son homologue de Guinée Alpha Condé a fait le déplacement à New York. Mais, en raison de la situation sanitaire dans leur pays, le Sierra-Léonais Ernest Bai Koroma et la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf se sont fait représenter et devraient suivre par vidéoconférence la réunion prévue à partir de 11h.

Le 18 septembre, le Conseil de sécurité de l'ONU avait qualifié cette épidémie de «menace pour la paix et la sécurité internationales», une première pour une urgence sanitaire.

Mardi, l'OMS avait averti que l'épidémie était en croissance «explosive» et risquait de contaminer 20 000 personnes d'ici à novembre, à moins d'un renforcement spectaculaire des moyens de lutte.

La très grande mobilité des populations est un des principaux facteurs de contamination, avec la lenteur de la réaction, ainsi que le délabrement des services de santé des trois pays les plus touchés.

Le Liberia avait de son côté appelé mardi la communauté internationale à intensifier ses efforts, sous peine de résurgence des guerres civiles qui l'ont ravagé, comme la Sierra Leone voisine.

Parmi les récentes décisions fortes annoncées dans le cadre de la mobilisation internationale anti-Ebola, figurent l'envoi par les États-Unis de 3000 militaires en Afrique de l'Ouest et l'envoi par Cuba de 165 de ses médecins et professionnels de santé.

Plusieurs dizaines de soldats américains sont déjà arrivés la semaine dernière au Liberia pour y installer leur commandement militaire.

Selon un responsable sanitaire cubain, les premiers médecins cubains sont présents depuis mardi en Sierra Leone pour préparer le déploiement de leur brigade sanitaire, qui doit être achevé début octobre.




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