Parade gaie sous haute protection policière à Kiev

Durant le défilé, plusieurs participants ont brandi des... (PHOTO SERGEI SUPINSKY, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Durant le défilé, plusieurs participants ont brandi des pancartes où il était écrit «KyivPride» ou des bannières où l'on pouvait lire «Les droits des LGBT (lesbiennes, gaies, bisexuels et transsexuels, NDLR), les droits de l'Homme».

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Dmytro GORSHKOV
Agence France-Presse
Kiev

Plus de 700 militants des droits des homosexuels ont défilé dimanche lors d'un rassemblement inédit, sous très haute protection policière dans le centre de Kiev, pour la troisième parade de la fierté gaie de l'histoire de cette ex-république soviétique où l'homophobie reste très répandue.

Pour la première fois, le rassemblement a eu lieu en plein centre-ville et un dispositif sécuritaire inédit a été mis en place.

Plusieurs milliers de policiers et membres de la Garde nationale, subordonnée au ministère de l'Intérieur, ont assuré le bon déroulé de la marche, qui a duré une vingtaine de minutes et rassemblé le plus grand nombre de participants de l'histoire des parades de la fierté gaie du pays, selon un journaliste de l'AFP sur place.

«La sécurité a été assurée de manière excellente cette année. C'est sans précédent», s'est réjoui Anna Charyguina, l'une des organisatrices de la marche.

«Selon nos informations, tous les participants sont rentrés chez eux en sécurité et sans problème», a-t-elle ajouté.

Durant le défilé, plusieurs participants ont brandi des pancartes où il était écrit «KyivPride» ou des bannières où l'on pouvait lire «Les droits des LGBT (lesbiennes, gaies, bisexuels et transsexuels, NDLR), les droits de l'Homme».

Nombre de participants portaient des drapeaux arc-en-ciel ou des drapeaux ukrainiens.

«Les droits doivent être respectés indépendamment du genre ou de l'orientation» sexuelle, a déclaré Darina Kovaliouk, 25 ans.

«Dans une société moderne, il ne doit pas y avoir de discriminations pour ces motifs», a-t-elle ajouté.

Un autre manifestant, Andriy Smirnov, 34 ans, a de son côté estimé qu'il s'agissait avant tout d'un rassemblement pour «les droits de l'homme».

Plusieurs hommes politiques ukrainiens ont participé à cette parade, dont les députés du bloc présidentiel Moustafa Naïem et Sergui Lechtchenko.

La police craignait des heurts, comme l'an passé, avec des militants ultranationalistes.

Un porte-parole du mouvement paramilitaire Pravy Sektor, Artem Skoropadski, avait en effet averti sur sa page Facebook que la parade pourrait s'achever dans un «bain de sang».

Avant le début de la marche, vers 3h00 HE, cinq personnes ont brandi une pancarte où il était écrit «Kiev est opposé à la propagande de la sodomie, je suis contre la parade gaie en Ukraine».

Mais les policiers les ont rapidement neutralisées et mises à l'écart du rassemblement.

Selon Khatia Dekanoïdze, chef de la police nationale ukrainienne, citée par l'agence Interfax-Ukraine, environ 57 personnes ont été brièvement interpellées en marge du défilé.

À la fin de ce dernier, certains ont entonné l'hymne ukrainien.

Appels à la tolérance

L'homosexualité, qui était punie par la loi en URSS, reste très stigmatisée en Ukraine, où l'Église orthodoxe a une forte influence.

La première parade gaie dans l'histoire de l'Ukraine indépendante a eu lieu en 2013, réunissant près de cent personnes à Kiev. En 2014, la «marche de l'égalité», nom officiel du rassemblement, avait été annulée, la police ayant refusé d'en assurer la sécurité.

En 2015, la parade a été organisée dans un lieu dévoilé à la dernière minute, loin du centre-ville, par crainte de débordements.

Elle avait réuni une centaine de militants pendant une dizaine de minutes, avant de dégénérer avec des jets de pierres et d'ordures.

Ces heurts entre militants des droits des homosexuels et ultranationalistes avaient causé au moins une dizaine de blessés et 25 interpellations.

Cette année, pour éviter de nouveaux débordements, l'antenne ukrainienne d'Amnesty International avait envoyé une lettre ouverte au maire de Kiev, Vitali Klitschko, l'appelant à assurer la sécurité du défilé.

Parmi les signataires de cette lettre se trouvait la gagnante de l'Eurovision, la Tatare de Crimée Jamala, véritable star dans son pays, a indiqué l'ONG.

Il y est écrit que le maire devrait «soutenir publiquement le droit de chacun à la liberté d'expression et à la liberté de réunion et condamner le recours à des discours de haine et les incitations à la violence».

Selon un communiqué de son service de presse diffusé vendredi, le maire a répondu qu'il était effectivement nécessaire de tout faire pour que l'ordre soit respecté.

«Je demande à toutes les parties, aussi bien les participants de la marche que ceux qui y sont opposés, de se conduire de manière civilisée et tolérante», avait-il souligné.

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