Obama salue le rôle de Porochenko face à l'«agression» russe en Ukraine

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À l'issue d'une rencontre dans le Bureau ovale, le président américain, qui a de nouveau fustigé l'«agression» russe, a salué le leadership de M. Porochenko, «à un moment très important dans l'histoire de l'Ukraine».

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
Washington

Le président Barack Obama a salué jeudi le courage de son homologue ukrainien Petro Porochenko au cours d'une visite chargée en symboles mais limitée en annonces, Washington excluant toute livraison d'armes pour lutter contre les séparatistes pro-russes.

À l'issue d'une rencontre dans le Bureau ovale, le président américain, qui a de nouveau fustigé l'«agression» russe, a salué le leadership de M. Porochenko, «à un moment très important dans l'histoire de l'Ukraine». Il a félicité son «ami» pour avoir pris une décision difficile en acceptant d'accorder plus d'autonomie et une amnistie aux séparatistes de l'Est.

«Nous espérons vraiment que le cessez-le-feu qui a déjà duré 12 jours se transformera en véritable paix», a de son côté souligné M. Porochenko, qui est ensuite allé saluer ses partisans réunis sur Lafayette Square, devant la Maison-Blanche.

Comme souvent depuis le début d'une crise qui a fait près de 2900 morts et a conduit à une détérioration sans précédent depuis la fin de la Guerre froide des relations entre Russes et Occidentaux, le Kremlin souffle depuis quelques jours le chaud et le froid.

La diplomatie russe a apporté son soutien aux premières offres politiques concrètes de M. Porochenko pour tenter de régler le conflit. Mais, selon Kiev, Moscou a fait une véritable démonstration de force en massant 4000 soldats le long de sa «frontière administrative» avec la Crimée.

Quelques heures avant sa rencontre avec M. Obama, M. Porochenko s'était montré beaucoup plus offensif devant le Congrès américain réuni au grand complet, soulignant que «l'agression» russe contre l'Ukraine était «une menace contre la sécurité mondiale».

«Nous avons besoin de vous»

«Nous avons besoin de vous, de l'aide de l'Amérique», a lancé l'ex-homme d'affaires, longuement ovationné lors d'un discours solennel auquel seuls les dirigeants des pays alliés les plus proches des États-Unis ont droit.

Exhortant les pays occidentaux à «ne pas laisser l'Ukraine seule», il a souligné que la démocratie ukrainienne devait s'appuyer sur «une armée forte». Le pays a besoin «de plus d'équipement militaire», a-t-il lancé. «On ne peut gagner une guerre avec des couvertures».

La Maison-Blanche a annoncé le déblocage de 46 millions de dollars d'aide pour l'équipement et la formation des forces de sécurité ukrainiennes, tout en excluant toujours l'envoi d'armes. L'administration Obama estime que cela ne permettrait pas de changer l'équilibre des forces face à des séparatistes «qui ont le soutien» de la Russie.

Interrogé sur ce point à l'issue de sa rencontre avec M. Obama, M. Porochenko est resté évasif: «J'ai demandé au président d'augmenter la coopération sur la sécurité et la défense et j'ai obtenu une réponse positive», a-t-il simplement indiqué.

Le président ukrainien a aussi exprimé à Washington son souhait d'obtenir un «statut spécial» d'allié non-membre de l'Alliance atlantique, mais les États-Unis ont indiqué qu'ils n'y étaient pas favorables, jugeant que cela n'apporterait rien de nouveau à l'Ukraine «dont elle ne bénéficie pas déjà aujourd'hui», selon un responsable américain.

Cinq mois après son arrivée à la présidence sur les ruines du pouvoir laissé vacant par Viktor Ianoukovitch, chassé par les contestataires du mouvement pro-européen du Maïdan, M. Porochenko multiplie les gestes symboliques et politiques pour ancrer Kiev à l'Occident. Mardi, le parlement ukrainien a ratifié l'accord d'association avec l'Union européenne.

De son côté, le président russe Vladimir Poutine, dont le pays est sous le coup d'une série de sanctions économiques décrétées par les Américains et les Européens, a estimé que ces sanctions violaient les principes de l'Organisation mondiale sur commerce (OMC).

Le contrôle des séparatistes

Sur le terrain, un porte-parole de l'armée ukrainienne a indiqué que «presque toutes les unités militaires russes stationnées dans la partie nord de la Crimée occupée», soit environ 4000 soldats, avaient été massées à la frontière administrative avec l'Ukraine.

Simple ajustement du dispositif militaire russe ou prémices d'un projet plus menaçant pour Kiev? Ce déploiement avait été en partie annoncé mardi par le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou.

Kiev craint la création d'une zone sous contrôle des séparatistes pro-russes s'étendant de la frontière russo-ukrainienne à la frontière «administrative» entre l'Ukraine et la Crimée. Une telle configuration permettrait aux Russes un «pont terrestre» entre la Russie et la région de Crimée.

Le protocole de Minsk, adopté début septembre, a instauré un cessez-le-feu prévoyant notamment des gestes de Kiev garantissant une plus grande autonomie des régions de l'Est, des élections locales et une amnistie pour les «participants» au conflit.

Les lois adoptées mardi par le parlement ukrainien vont dans ce sens et ont été saluées par l'Union européenne, les États-Unis, l'OSCE et Moscou. Seuls les séparatistes ont pour l'heure ignoré la main tendue de Petro Porochenko alors qu'ils avaient paraphé le protocole de Minsk.

La réaction des séparatistes pose la question du contrôle qu'a Moscou sur la rébellion, même si le Kremlin a toujours démenti être partie prenante au conflit.




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