Ukraine: Kerry met en garde Moscou contre «une erreur coûteuse»

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

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Bertrand DE SAISSET, Olga NEDBAEVA, Eleonore DERMY
Agence France-Presse
SLAVIANSK

La tension reste vive vendredi en Ukraine, au lendemain d'un assaut meurtrier contre les séparatistes dans l'est du pays dénoncé par la Russie, qui a elle-même écopé d'une sévère mise en garde des États-Unis.

La Russie «n'a pas pris la moindre initiative» pour mettre en oeuvre l'accord conclu à Genève pour faire baisser la tension en Ukraine, a accusé jeudi soir le secrétaire d'État américain John Kerry, dénonçant «une erreur coûteuse».

Il a également accusé la Russie de faire «des efforts démesurés pour saboter activement le processus démocratique par le biais d'une campagne d'intimidation grossière» en Ukraine, qualifiant les nouveaux exercices menés à la frontière par l'armée russe de «menaçants».

Ces manoeuvres étaient destinées à riposter à l'assaut lancé par Kiev contre les séparatistes à Slaviansk, bastion des insurgés pro-russes.

Des affrontements qui «ont fait jusqu'à cinq morts» dans les rangs des insurgés et un soldat ukrainien a été blessé, selon le ministère ukrainien de l'Intérieur. Les séparatistes ont fait état d'un mort et d'un blessé dans leurs rangs.

Un crime très grave

«Si le régime actuel à Kiev a vraiment commencé à utiliser l'armée contre la population dans le pays, c'est un crime très grave contre son propre peuple», a lancé le président russe Vladimir Poutine. Il a averti que cette opération aurait «des conséquences pour les gens qui prennent ces décisions».

Le leader des séparatistes de Slaviansk, Viatcheslav Ponomarev, avait demandé dimanche à Vladimir Poutine d'envoyer des troupes russes pour soutenir les insurgés, renforçant les craintes d'une intervention et à terme d'une prise de contrôle des régions de l'Est russophone, à l'image de la Crimée en mars.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé à «éviter à tout prix les actions militaires», redoutant «que la situation n'échappe à tout contrôle avec des conséquences imprévisibles».

Les autorités ukrainiennes, qui ont relancé lundi leur «opération antiterroriste» dans la zone, semblent toutefois déterminées à poursuivre leur offensive.

«Nous n'allons pas reculer devant la menace terroriste», a lancé le président par intérim, Olexandre Tourtchinov. «Nous exigeons que la Russie cesse de s'ingérer dans nos affaires intérieures, cesse le chantage et les menaces, et retire ses troupes de la frontière orientale de l'Ukraine», a-t-il dit.

Kiev a également annoncé la «libération» de la mairie de Marioupol, un port de près de 500 000 habitants dans le Sud-Est après des heurts qui ont fait cinq blessés.

Obama menace de sanctions

À Tokyo, Barack Obama a fait porter sur la Russie la responsabilité de l'échec de l'accord de Genève: «Jusqu'à présent, nous ne les avons pas vu respecter ni l'esprit ni la lettre de l'accord de Genève».

M. Obama a ajouté que si la Russie continuait d'ignorer l'accord de Genève et n'agissait pas de façon «plus réfléchie», il y aurait «des conséquences et de nouvelles sanctions» américaines à son encontre.

Une menace réitérée jeudi soir par son secrétaire d'Etat: «Nous sommes prêts à agir», a affirmé M. Kerry.

Selon lui, les sanctions internationales ont déjà entraîné la sortie de Russie de quelque 70 milliards de dollars de capitaux. En l'absence de changement de cap, «le monde entier s'assurera que les coûts augmentent encore pour la Russie», a-t-il menacé.

La Bourse de Moscou, déjà affaiblie depuis deux mois par les fuites massives de capitaux que subit la Russie, a chuté de plus de 2% face à l'escalade, et les prix du pétrole sont partis à la hausse.

Les autorités russes n'ont de cesse de dire que les populations ukrainiennes d'origine russe sont menacées par les nationalistes qui soutiennent le pouvoir pro-occidental en place à Kiev depuis la destitution du président Viktor Ianoukovitch.

Washington et Kiev reprochent de leur côté à Moscou d'avoir massé des soldats à la frontière et de soutenir les insurgés de l'Est de l'Ukraine en ayant envoyé des agents armés, ce que Moscou dément.

Les États-Unis ont décidé de renforcer leurs forces dans la région en dépêchant 600 soldats en Pologne et dans les pays baltes.

Sur le front diplomatique, vendredi à Prague, des responsables d'Ukraine, de Géorgie, de Moldavie, d'Arménie, d'Azerbaïdjan, du Belarus et de l'UE célèbreront le 5e anniversaire du «partenariat oriental», la politique de coopération de l'UE avec ces ex-républiques soviétiques, dont les faiblesses sont apparues au grand jour avec la crise ukrainienne.

La chancelière allemande Angela Merkel recevra de son côté à Berlin son homologue polonais Donald Tusk.




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