Trois candidats dans l'ombre de Clinton et Trump

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Le libertarien Gary Johnson, la candidate du parti des Verts Jill Stein, et l'indépendant Evan McMullin

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Maison-Blanche 2016

Qui succédera à Barack Obama ? Consultez notre dossier sur l'élection présidentielle américaine de 2016. »

Elodie CUZIN, Shahzad ABDUL
Agence France-Presse
WASHINGTON

Ils sont bien moins célèbres qu'Hillary Clinton et Donald Trump, mais tout aussi persistants : dans la campagne présidentielle américaine, Gary Johnson, libertarien, Jill Stein, candidate du parti des Verts et Evan McMullin, candidat mormon entré tardivement dans la course, ont réussi à se faire une toute petite place sous les projecteurs.

Gary Johnson

Consommateur assumé de cannabis et connaisseur très imparfait de la scène internationale, le libertarien Gary Johnson, 63 ans, restera surtout comme le candidat de la « minute Alep ».

Fin août, l'ancien gouverneur du Nouveau-Mexique (1995-2003) était à 9 % des intentions de vote, score honorable pour un parti marginal, s'expliquant surtout par l'impopularité historique d'Hillary Clinton et Donald Trump. Des milliers de jeunes notamment, semblaient pencher pour lui.

Mais le 8 septembre, il a été interrogé à la télévision sur la crise dans la ville syrienne d'Alep.

« C'est quoi Alep ? », a-t-il demandé au journaliste incrédule, qui a répondu : « Vous plaisantez ?». Gary Johnson s'est immédiatement repris, mais le mal était fait.

Le 28 septembre, dans une nouvelle interview, ce diplômé de sciences politiques est incapable de nommer le moindre dirigeant étranger. Après être resté une minute sans voix, il plaisante : « Je crois que c'est ma minute Alep ».

Le vote utile a fait le reste. Il est actuellement à 5,2 % des intentions de vote selon la moyenne calculée par le site Real Clear Politics.

Gary Johnson, qui était républicain quand il était gouverneur, est pour la réduction de l'intervention du gouvernement fédéral, les baisses d'impôts, la restriction de l'intervention militaire à l'étranger, et la retraite à 72 ans. Sur les questions sociales, il est progressiste. Il est présent dans tous les États.

Il s'était déjà lancé dans la course à la Maison-Blanche en 2012. Il avait alors recueilli quelque 1,3 million de suffrages, le meilleur score de l'histoire pour un libertarien.

Jill Stein

Écologiste de 66 ans, Jill Stein rêvait aussi de profiter de l'impopularité des deux principaux candidats.

Mais à l'issue d'une campagne inaudible, la candidate du parti des Verts a été incapable d'incarner une troisième voie.

Fin juin, cette médecin militante de l'environnement recueillait environ 5 % des intentions de vote. Après l'investiture d'Hillary Clinton par le parti démocrate, les militants de la gauche du parti, dont certains irréductibles partisans de Bernie Sanders, gonflaient encore ses rangs.

Mais faute de projet clair, dans une campagne présidentielle qui a largement ignoré l'environnement et le changement climatique, elle a sombré rapidement à 2 % des intentions de vote.

C'est aussi sa deuxième candidature à la Maison-Blanche. En 2012, déjà sous la bannière verte, elle avait recueilli 0,5 % des voix.

Elle est présente dans 44 États.

Le coup de grâce est probablement venu du président Barack Obama, qui a récemment déclaré que voter « pour un candidat tiers qui n'a aucune chance de gagner, cela revient à voter pour Trump ».

Evan McMullin

Ancien agent de la CIA, ex-banquier d'affaires, mormon, Evan McMullin, 40 ans, est parvenu à perturber le duel Trump-Clinton dans son Utah natal, en promettant une alternative aux deux candidats à la Maison-Blanche.

« Il n'est jamais trop tard pour faire ce qui est juste et l'Amérique mérite beaucoup mieux que ce que Donald Trump ou Hillary Clinton ont à nous offrir », avait-il lancé en annonçant sa candidature en tant qu'indépendant en août, depuis Salt Lake City, la capitale de l'Utah.

« Notre campagne ne sera pas conventionnelle », avait-il ajouté.

Dans l'Utah, plus de 60 % de la population est recensée comme mormone.

Les mormons votent d'ordinaire pour le parti républicain... sauf dans cette élection qui a vu l'un de leurs membres les plus illustres, Mitt Romney, ancien candidat à la présidence en 2012, dénoncer dans des termes très durs le républicain Donald Trump.

Evan McMullin, ancien républicain, est parvenu à bouleverser la course en quelques semaines. Portant l'étendard du mouvement « Tout sauf Trump », il est soutenu par l'organisation Better for America, qui défend des candidatures rivales à celles de Trump et Clinton.

Il est à égalité avec Hillary Clinton (25,2 %) mais derrière Donald Trump (31 %) selon la moyenne des récents sondages.

M. McMullin se présente dans dix autres États.

S'il remporte l'Utah, qui a voté républicain sans discontinuer depuis 1968, il sera le premier candidat indépendant à gagner un État depuis le ségrégationniste George Wallace en 1968.

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