Clinton déclarée gagnante, mais ne crie pas victoire

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Hillary Clinton menait lundi sa campagne à Compton, en Californie.

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Maison-Blanche 2016

Qui succédera à Barack Obama ? Consultez notre dossier sur l'élection présidentielle américaine de 2016. »

Michael Mathes
Agence France-Presse
Washington

La démocrate Hillary Clinton a passé lundi la barre du nombre de délégués lui assurant de devenir la première femme à briguer la Maison-Blanche pour un grand parti américain, selon l'estimation de plusieurs médias américains.

> Réagissez sur le blogue de Richard Hétu 

Mais la candidate n'a pas crié victoire, craignant une démobilisation de ses partisans lors du dernier «super mardi» des primaires dans six États dont la Californie, où son adversaire Bernie Sanders espère arracher une victoire symbolique.

Et, ajoutant à la confusion, le sénateur du Vermont a immédiatement dénoncé la précipitation médiatique, affirmant que sa rivale ne pourrait pas revendiquer de victoire avant la convention d'investiture de Philadelphie, fin juillet.

Selon l'agence de presse Associated Press, l'ancienne secrétaire d'État a tout juste atteint la majorité absolue de 2383 délégués nécessaire pour l'investiture, en comptant les délégués remportés lors des primaires ainsi que les superdélégués, ces élus du parti disposant du droit de vote à la convention de Philadelphie, du 25 au 28 juillet.

Les chaînes NBC, ABC et CBS ont dans la foulée déclaré Hillary Clinton vainqueur des primaires, même si l'investiture ne sera officielle qu'après le vote de la convention. Bernie Sanders a environ 800 délégués de retard sur elle.

«Selon les informations, nous sommes au seuil d'un moment historique et sans précédent. Mais nous avons encore du travail, n'est-ce pas? Nous avons six élections demain (mardi) et nous nous battrons pour chaque voix, surtout ici en Californie», a déclaré Hillary Clinton à Long Beach, près de Los Angeles.

L'ancienne Première dame était certaine de dépasser la barre fatidique à l'issue de ces primaires (Californie, New Jersey, Nouveau Mexique, Montana, Dakota du Sud et du Nord), en recevant ne serait-ce qu'une fraction des délégués en jeu. Mais en confirmant le ralliement de nouveaux superdélégués, les médias américains ont bouleversé la mise en scène prévue.

Nancy Worley, présidente du parti démocrate de l'Alabama, est l'un de ces soutiens de dernière minute. Elle a raconté à l'AFP s'être finalement décidée après avoir été appelée au téléphone trois fois par des médias américains lundi.

«Si le vote populaire est écrasant et que les délégués sont largement dans son camp, à mon avis il est fou de ne pas rassembler le parti pour battre Donald Trump», justifie cette militante, soulignant que Hillary Clinton avait largement gagné la primaire de son État.

Sanders résiste 

L'adversaire républicain pour l'élection présidentielle de novembre est connu depuis un mois: Donald Trump.

L'affrontement entre une femme et un homme d'affaires sans expérience politique est sans précédent dans l'histoire américaine, point culminant d'une saison politique extraordinaire, marquée par la colère de l'électorat républicain et la contestation des élites d'un bout à l'autre de l'échiquier politique.

Désireuse de terminer en beauté par une victoire en Californie, bastion progressiste et État le plus peuplé du pays, Hillary Clinton évitait le triomphalisme et hésitait à commenter l'aspect historique de sa candidature, donnant rendez-vous pour un grand discours dans son fief de New York mardi soir.

«C'est très émouvant», a-t-elle toutefois glissé lundi lors d'un point presse.

«Faisons en sorte que les 18 millions de fissures créées par cette femme il y a huit ans brisent enfin le plafond de verre», a lancé l'acteur Tony Goldwyn lundi lors d'une réunion publique, en référence au nombre - insuffisant - de voix obtenues par la sénatrice Clinton aux primaires de 2008 face à Barack Obama.

Le comportement de Bernie Sanders est désormais au coeur des préoccupations du parti. Le président Barack Obama semble lui-même à bout de patience et prêt à apporter un soutien public à Hillary Clinton, qui fut sa secrétaire d'État pendant son premier mandat.

Mais le sénateur du Vermont multiplie les actes de défiance. Il dénonce tout calcul incluant les superdélégués, qu'il affirme pouvoir faire changer d'allégeance avant Philadelphie. Plus de 500 sur 700 se sont ralliés à Hillary Clinton.

«Mme Clinton n'a pas et n'aura pas le nombre requis de délégués désignés par les primaires pour sceller l'investiture», a déclaré son porte-parole Michael Briggs dans un communiqué. «Elle dépend des superdélégués, qui ne voteront pas avant le 25 juillet, et peuvent changer leur avis d'ici là».

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