Une force arabo-kurde en Syrie avance vers Raqa, capitale de l'EI

Des forces arabo-kurdes ont pénétré pour la première fois lundi à Tabqa, un... (PHOTO BULENT KILIC, archives AFP)

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Le groupe État islamique

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Layal ABOU RAHAL
Agence France-Presse
Beyrouth

Des forces arabo-kurdes ont pénétré pour la première fois lundi à Tabqa, un verrou clé en direction du principal fief du groupe État islamique (EI) en Syrie et objectif ultime de ces combattants appuyés par les États-Unis.

Le 5 novembre 2016, les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont lancé une grande offensive, baptisée «Colère de l'Euphrate», pour chasser l'organisation djihadiste de la ville de Raqa, dans le nord-est du pays en guerre.

Cette alliance de combattants kurdes et arabes est appuyée dans les airs par une coalition internationale antidjihadistes dirigée par les États-Unis et au sol par des conseillers militaires américains.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les FDS «sont entrées pour la première fois à Tabqa qu'elles encerclent de toutes parts. Elles ont pris le contrôle de plusieurs positions dans le sud et avancent à la périphérie ouest».

Dans un communiqué posté en ligne, les FDS ont annoncé avoir pris des positions de l'EI dans le sud et l'ouest de ce fief djihadiste, situé à 55 km au sud-ouest de Raqa.

Les djihadistes tentent de repousser les FDS et de violents combats se déroulent à Tabqa, où les positions djihadistes sont en outre visées par des raids intenses de la coalition internationale, selon l'OSDH.

L'un de ces raids a causé la mort lundi de 11 membres d'une même famille, dont sept enfants, qui fuyaient en voiture les combats, a ajouté l'ONG.

Pour le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, «la vraie bataille commence maintenant, car il n'y a aucune possibilité pour les djihadistes de quitter la ville».

«Se battre jusqu'au dernier»

«La durée de la bataille dépend de la décision des combattants de l'EI de se rendre ou de se battre jusqu'au dernier», a-t-il souligné.

Ces derniers mois, les FDS avaient grignoté des secteurs en direction de Raqa contrôlée par les djihadistes depuis 2014. L'offensive pour la conquête de Tabqa a commencé en mars.

Tabqa était un important quartier général des leaders de l'EI et abritait sa plus importante prison, où auraient été incarcérés des otages occidentaux. Elle représente une ligne de défense stratégique pour Raqa et est proche du plus grand barrage de Syrie, situé sur l'Euphrate.

Selon une étude du groupe de réflexion «Syrian economic task force», Tabqa compte actuellement 75 000 habitants auxquels s'ajoutent 10 000 combattants de l'EI et leurs familles, contre 250 000 habitants avant la guerre.

Les FDS ont déjà repris l'aéroport proche de cette ville.

Déclenchée en mars 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie s'est progressivement complexifiée avec l'implication de groupes djihadistes, de forces régionales et de puissances internationales, sur un territoire très morcelé.

Le conflit a déclenché la plus grave crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale avec plus de 320 000 morts en six ans et des millions de déplacés. Le pays comptait 22 millions d'habitants avant la guerre.

Sanctions américaines

Sur un autre plan, les États-Unis ont annoncé des sanctions financières contre 271 scientifiques d'un centre syrien de développement d'armes chimiques en réponse à l'attaque au gaz toxique présumée début avril contre la ville rebelle de Khan Cheikhoun dans la province d'Idleb (nord-ouest), a annoncé le Trésor.

Il s'agit des sanctions parmi les plus importantes jamais adoptées par le Trésor en terme de nombre de personnes visées, a précisé un haut responsable.

Le 4 avril, une attaque chimique présumée a fait 88 morts, dont 31 enfants, à Khan Cheikhoun.

Les États-Unis qui l'ont imputée au régime syrien ont bombardé une base de l'armée de l'air du régime syrien quelques jours plus tard, le 7 avril.

Le président syrien Bachar al-Assad avait affirmé que cette attaque chimique était «une fabrication à 100%», qui a été montée par «l'Occident, principalement les États-Unis» pour «servir de prétexte» à la frappe contre la base militaire.

De son côté, l'armée russe qui aide militairement le régime syrien, a annoncé que ce dernier était prêt à un cessez-le-feu à Khan Cheikhoun si des experts internationaux y sont envoyés pour enquêter.

Lundi, sept personnes, dont un enfant, ont péri dans des bombardements aériens sur le marché de Khan Cheikhoun, selon l'OSDH.




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