Plus de 10 000 civils fuient Alep-Est, l'EI reprend Palmyre

Lors de son occupation en 2015 de la... (PHOTO Maher AL MOUNES, ARCHIVES AFP)

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Lors de son occupation en 2015 de la «perle» du désert syrien, le groupe djihadiste y avait commis d'effroyables destructions de vestiges.

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Le groupe État islamique

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Rim Haddad, Rouba El-Husseini
Agence France-Presse
Alep et Beyrouth

L'armée syrienne a poussé dimanche son avantage en prenant deux nouveaux quartiers à Alep-Est que des milliers d'habitants fuient, mais elle a dû abandonner la ville antique de Palmyre, reconquise par les djihadistes du groupe Etat islamique (EI).

L'exode des habitants de la zone rebelle d'Alep s'est poursuivi avec la fuite de plus de 10 000 civils en quelques heures tôt dimanche «en raison des combats et des bombardements», a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

«Ils se sont réfugiés dans des secteurs sous le contrôle des forces du régime dans la partie ouest d'Alep», a précisé Rami Abdel Rahmane, le directeur de cette ONG qui dispose d'un large réseau d'informateurs en Syrie.

Selon lui, 120 000 personnes ont quitté Alep-Est depuis la mi-novembre: 90 000 vers les quartiers gouvernementaux et 30 000 vers ceux tenus par les Kurdes.

Un correspondant de l'AFP à Alep-Ouest a confirmé que d'intenses bombardements aériens et d'artillerie avaient été entendus toute la nuit dans les quartiers encore sous contrôle rebelle.

Le régime contrôle désormais 85 % d'Alep-Est et encercle les groupes insurgés dans une zone où ils manquent de tout, notamment de la nourriture.

Pilonnage intense

Aucune information sur les pertes humaines n'était disponible dans l'immédiat alors que le bilan était jusqu'à présent à 413 civils tués à Alep-Est depuis le début de l'offensive du régime le 15 novembre, selon l'OSDH.

«Le pilonnage est d'une intensité inouïe», avait indiqué samedi à l'AFP Ibrahim Abou al-Leith, porte-parole de l'organisation des secouristes des Casques Blancs à Alep. «Les rues sont pleines de gens sous les décombres. Ils meurent parce qu'on ne peut pas les sortir de là».

Les insurgés répliquent en envoyant des tirs de roquettes vers les quartiers gouvernementaux, où au moins 139 civils ont péri depuis le début de l'opération.

Mais inexorablement l'armée avance et s'est emparée du petit quartier d'Assila et de la grande majorité de Maadi, dans l'est d'Alep, selon l'OSDH.

Le ministre britannique de la Défense Michael Fallon a résumé le sentiment de nombreux responsables internationaux en déclarant sur la BBC s'attendre, «malheureusement», à la chute d'Alep».

Le pape François a lancé dimanche un appel pour la paix et la population d'Alep en Syrie où «malheureusement, nous nous sommes habitués à la guerre». «Je lance un appel à tous pour qu'un choix de civilisation soit fait: non à la destruction, oui à la paix, oui aux gens d'Alep et de la Syrie», a déclaré le pape à l'occasion de la traditionnelle prière de l'angélus, devant des milliers de fidèles rassemblés place Saint-Pierre.

La perte attendue d'Alep-Est, place forte de l'opposition, est «politiquement très importante», car elle va «briser le dos de l'opposition armée», estime Yezid Sayigh, expert au Centre Carnegie Moyen-Orient. Parallèlement, «l'idée que le régime puisse être renversé militairement est définitivement abandonnée» plus de cinq ans et demi après le début de la guerre, ajoute-t-il.

Mais, pour les experts, l'armée syrienne, dont les effectifs sont réduits, compte sur le soutien de ses alliés russe et iranien, comme l'illustre l'offensive lancée par l'EI sur la ville antique de Palmyre.

L'EI occupe Palmyre

Profitant que le gros des troupes du régime est mobilisé à Alep, les djihadistes ont repris dimanche la totalité de la ville antique de Palmyre, dans le centre, après le retrait de l'armée.

«L'EI a repris dimanche, en dépit des bombardements russes, le contrôle de la totalité de Palmyre après le retrait de l'armée syrienne au sud de la ville», a indiqué M. Abdel Rahmane.

Après en avoir été délogés en mars dernier, les djihadistes y étaient retournés samedi, mais «ils durent abandonner les positions pendant quelques heures durant la nuit avant de revenir en force et occuper la totalité de la ville», selon lui.

Extrêmement mobiles, les djihadistes sont capables de reculer puis d'avancer dès que la situation le leur permet et que l'aviation cesse ses bombardements.

Les avions bombardiers russes avaient mené 64 raids dans la nuit «contre des positions, des convois et des regroupements» de membres de l'EI à Palmyre, a indiqué le ministère russe de la Défense.

Ces frappes ont permis de tuer plus de 300 membres de l'EI et de détruire 11 chars et 31 véhicules, selon lui.

L'EI avait pris en mai 2015 le contrôle de cette ville classée au patrimoine mondial de l'Humanité, où il a détruit ou endommagé une partie des ruines antiques.




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