La Turquie craint que le conflit syrien devienne une «guerre mondiale»

Des soldats de l'Armée syrienne libre (ASL) combattent... (photo Nazeer al-Khatib, archives AFP)

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Des soldats de l'Armée syrienne libre (ASL) combattent des éléments du groupe djihadiste État islamique dans le village de Yahmoul, dans le nord de la Syrie, le 10 octobre. Ankara craint que le conflit qui se déroule depuis maintenant cinq ans chez son voisin et qui a fait plus de 300 000 morts se transforme en « guerre mondiale ».

photo Nazeer al-Khatib, archives AFP

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Agence France-Presse
ANKARA

La Turquie a déclaré mercredi craindre que la guerre en Syrie ne tourne à l'affrontement mondial, la tension montant entre la Russie et les États-Unis qui soutiennent des parties opposées.

« Si cette guerre par procuration se poursuit, laissez-moi être clair, l'Amérique et la Russie vont arriver à la guerre », a déclaré le vice-premier ministre Numan Kurtulmus à l'agence progouvernementale Anadolu.

M. Kurtulmus a estimé que le conflit syrien avait mis le monde « au bord d'une large guerre régionale ou mondiale ».

La Turquie et ses alliés occidentaux réclament le départ du président syrien Bachar Al-Assad alors que Moscou soutient politiquement et militairement le régime syrien, allié de l'Iran.

Ankara fait partie de la coalition menée par les États-Unis, qui mène des attaques aériennes contre le groupe État islamique. La Turquie a lancé le 24 août une offensive militaire, le « Bouclier de l'Euphrate », pour chasser de sa frontière les djihadistes de l'EI et les rebelles kurdes.

Les relations entre Moscou et Washington se sont encore détériorées depuis l'échec de la trêve en Syrie qu'ils avaient mise en oeuvre en septembre et qui n'a duré qu'une semaine.

L'armée du président syrien, appuyée par les frappes de l'aviation russe, a depuis lancé une offensive d'envergure contre Alep et progresse rue après rue pour reprendre les quartiers est de la deuxième ville de Syrie, contrôlés par les rebelles depuis 2012.

Cette offensive est condamnée par Washington et les Occidentaux, mais Moscou a bloqué samedi à l'ONU un texte français demandant l'arrêt des bombardements.

M. Kurtulmus a par ailleurs défendu la présence des forces turques dans le nord de l'Irak, affirmant qu'elle était « légitime » et que ces troupes demeureraient dans le pays « aussi longtemps que nécessaire ».

Les tensions sont vives entre les deux pays depuis que Bagdad a dénoncé la semaine dernière les forces « d'occupation » turques.

Selon les médias turcs, quelque 2000 soldats turcs sont déployés en Irak, dont 500 sur la base de Bachiqa dans le nord du pays où ils entraînent des volontaires irakiens sunnites en vue d'une reconquête de Mossoul, fief de l'EI.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'en est violemment pris mardi au premier ministre irakien Haidar al-Abadi, le sommant de « rester à sa place » après ses critiques contre la présence militaire turque en Irak.

Le porte-parole de M. Abadi a répliqué que M. Erdogan « jetait de l'huile sur le feu » avec de tels propos et donnait une « dimension personnelle » à une question de sécurité.

« Nous allons libérer notre territoire grâce à la détermination de nos hommes et non par des appels par vidéo », a en outre affirmé le premier ministre irakien sur Twitter, dans une allusion aux appels de M. Erdogan demandant à la population turque de se mobiliser pour contrer la tentative de coup d'État en juillet dernier.

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