Syrie: le régime accepte un accord de trêve russo-américain

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L'accord vise à favoriser une réduction immédiate des violences et une reprise des négociations en vue d'une transition politique.

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Guerre civile en Syrie
Guerre civile en Syrie

Pour tout savoir sur le conflit syrien qui depuis mars 2011 a coûté la vie à plus de 250 000 personnes et poussé à la fuite des millions d'autres. »

Rana MOUSSAOUI
Agence France-Presse
BEYROUTH

Le régime syrien a approuvé samedi un accord russo-américain sur une trêve en Syrie, qui doit débuter lundi dans ce pays déchiré par cinq ans de guerre, mais que l'opposition syrienne a accueillie avec circonspection.

Cet accord, visant à favoriser une réduction immédiate des violences et une reprise des négociations en vue d'une transition politique, pourrait en outre déboucher sur une coopération militaire inédite contre les djihadistes de la part des États-Unis et de la Russie, qui soutiennent des camps adverses dans le conflit syrien.

Au lendemain de l'annonce de l'accord, des raids aériens ont tué 58 personnes dans la ville rebelle d'Idleb (nord-ouest), 12 civils dans les quartiers insurgés d'Alep (nord) et 18 personnes dans d'autres localités de la province du même nom, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui n'a pas pu identifier les auteurs des frappes.

Si la trêve négociée par les Américains, qui soutiennent des rebelles dits modérés, et les Russes, alliés du président Bachar al-Assad, débute bien lundi, elle coïncidera avec l'Aïd el-Adha, la grande fête musulmane du sacrifice.

«Le gouvernement syrien a eu connaissance de l'ensemble de l'accord et l'a approuvé», a indiqué samedi l'agence officielle Sana, citant des «sources informées».

En soirée, les groupes rebelles n'avaient pas encore fait part de leur position mais l'émissaire américain pour la Syrie les a appelés à respecter l'accord de cessez-le-feu, qu'il décrit comme «le meilleur moyen» de sauver des vies.

«Cette trêve peut être plus efficace que la précédente car elle peut arrêter les frappes syriennes contre les civils et l'opposition», a plaidé Michael Ratney, en référence à un premier accord russo-américain conclu fin février qui avait volé en éclat au bout de quelques semaines.

Selon l'émissaire, les combats doivent cesser lundi à 19 h (12 h au Québec) pour une première trêve de 48 heures.

Le Haut-comité des négociations (HCN), qui rassemble les principaux représentants de l'opposition et de la rébellion syriennes, a de son côté indiqué n'avoir pas encore reçu «une copie officielle» du texte.

Une membre du HCN, Bassma Kodmani, avait réagi avec circonspection à l'annonce de l'accord dont l'application dépend, selon elle, avant tout de la Russie.

«Nous voulons que la Russie persuade le régime d'appliquer l'accord. Nous ne nous attendons pas à ce que le régime le fasse de plein gré», a-t-elle indiqué à l'AFP.

Frappes meurtrières à Idleb

Russes et Américains affirment que ce plan était la meilleure chance d'en finir avec un conflit qui a fait plus de 290 000 morts et provoqué l'exode de millions de Syriens.

Un des points de l'accord concerne Alep, la grande ville du nord divisée entre secteurs tenus par les forces du régime dans l'ouest et quartiers contrôlés par les rebelles dans l'est.

L'accord prévoit la «démilitarisation» de la route du Castello au nord d'Alep, qui était un axe de ravitaillement pour les rebelles avant que le régime n'en reprenne le contrôle le 17 juillet, les assiégeant de facto.

Il stipule que c'est à travers cette route que sera acheminée l'aide humanitaire à la métropole.

L'accord a été salué par la Turquie - qui a lancé fin août une offensive dans le nord de la Syrie contre le groupe djihadiste État islamique (EI) et les Kurdes-, par la Grande-Bretagne, la France et la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

Alors que Moscou doit faire pression sur le régime, Washington doit convaincre les rebelles de se dissocier des djihadistes avec lesquels ils sont notamment alliés dans les provinces d'Alep et Idleb (nord-ouest).

Le principal groupe djihadiste concerné ici est le Front Fateh al-Cham, ex-Front al-Nosra qui a renoncé à son rattachement à Al-Qaïda mais reste considéré comme un groupe «terroriste» par Moscou et Washington.

À ce sujet, M. Lavrov a annoncé la création d'un «centre conjoint» russo-américain destiné à coordonner d'éventuelles frappes contre les djihadistes.

Selon Bassma Kodmani, les rebelles rompront leurs liens avec les groupes djihadistes si la trêve tient.

«Les groupes modérés vont se réorganiser et prendre leurs distances avec les groupes radicaux», a-t-elle estimé.

Mais selon Charles Lister, chercheur au Middle East Institute, les principaux combattants de l'opposition n'ont jusque-là pas montré de volonté de rompre leurs alliances avec des groupes djihadistes, considérées comme «une nécessité militaire».

Cette alliance se vérifie dans la province d'Idleb, dont le chef-lieu éponyme a été la cible samedi de frappes aériennes ayant fait 58 morts et des dizaines de blessés.

L'OSDH n'a pas été en mesure de préciser le nombre exact de civils tués mais a indiqué que 13 femmes et 13 enfants avaient péri dans ces frappes sur un marché et plusieurs quartiers.

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