Le sous-marin argentin demeure introuvable

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Des proches des marins portés disparus se sont réunis devant la base navale de Mar del Plata.

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Eitan ABRAMOVICH, Carlos REYES
Agence France-Presse
Mar del Plata

L'espoir n'a été que de courte durée: les bruits sous-marins détectés lundi par le sonar de deux navires ne proviennent pas du submersible argentin San Juan, disparu depuis mercredi avec 44 membres d'équipage à bord dans l'Atlantique sud.

«L'empreinte acoustique ne correspond pas à celle d'un sous-marin. (...) Cela peut être un bruit biologique», a déclaré le porte-parole de la Marine argentine, le capitaine Enrique Balbi.

Les opérations de recherche du bâtiment, en surface et en profondeur, se poursuivent et s'intensifient. Actuellement, quatorze navires et dix avions sont mobilisés.

Lundi, la marine argentine a révélé que le sous-marin avait signalé mercredi une avarie, une information jusque là passée sous silence. Pour le chef de la base navale de Mar del Plata, Gabriel Galeazzi, ce «problème de batteries, un court-circuit» n'était suffisamment grave pour déclencher une procédure d'urgence, le San Juan ayant des ressources alternatives.

Quant aux sept appels reçus samedi par des bases navales argentines, considérés par les autorités comme des appels de détresse provenant du San Juan, ce n'était pas le premier signe de vie tant espéré.

«Nous avons reçu le rapport de l'entreprise qui a analysé les signaux, les sept tentatives d'appel de samedi ne correspondent pas au téléphone satellitaire du sous-marin», a déclaré le capitaine Balbi.

«L'inquiétude grandit»

Ces révélations ont été durement ressenties par les proches des marins, dont une centaine sont hébergés dans la base navale de Mar del Plata.

«Ils ont beaucoup d'espoir. Les heures passent et le niveau d'inquiétude augmente. Le meilleur tranquillisant est l'information la plus précise», a dit le psychiatre Enrique Stein, affecté à la cellule de soutien psychologique.

«On ne sait rien. Nous sommes dans l'attente, avec beaucoup d'angoisse», a confié Andrea Ali, épouse de Franco Ali, électricien à bord du San Juan.

Le sous-marin San Juan.... (AP) - image 2.0

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Le sous-marin San Juan.

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Lundi, le président argentin s'est rendu auprès des familles pour les soutenir et participer à une prière.

Les recherches se poursuivent dans une zone de 300 km de diamètre au large des côtes argentines, où une tempête sévit, soulevant des vagues de 5 à 7 mètres, ce qui rend plus ardu le travail de localisation.

Outre les 14 navires à la surface, dix avions survolent également la zone autour de la dernière position communiquée mercredi par le San Juan, à 430 kilomètres des côtes de la Patagonie et de la péninsule de Valdés.

Six pays (USA, GB, France, Brésil, Chili et Uruguay) participent à l'effort logistique.

La marine américaine a envoyé quatre petits sous-marins sans pilote et une équipe de militaires spécialisés dans leur maniement.

On ne sait pas si le submersible de 65 mètres est à la surface et s'il est à la dérive, s'il est encore motorisé et simplement privé de moyens de communication. Ou bien encore s'il est en immersion, ou s'il a sombré dans les abysses.

En immersion complète, «sans renouvellement de l'air, la survie est de 7 jours», selon le capitaine Balbi.

Le sous-marin aurait théoriquement dû regagner Mar del Plata dimanche ou lundi. 

Sauvetage en profondeur 

En marge des recherches à la surface et des tentatives de géolocalisation, la marine argentine préparait un dispositif de sauvetage de l'équipage dans les profondeurs de l'océan.

Du matériel de sauvetage américain arrivé dimanche à Comodoro Rivadavia (Patagonie) était lundi en cours de montage. Il s'agit de modules de secours qui permettent de secourir 16 personnes à la fois jusqu'à plus de 600 mètres de profondeur. Mais pour cela, il faut avoir pu localiser le submersible.

Selon le protocole, le San Juan aurait dû remonter à la surface ou activer une balise radio de détresse en constatant la rupture de contact avec sa base.

Parti pour 35 jours, le sous-marin effectuait une mission de surveillance entre Ushuaïa, à la pointe sud de l'Amérique, et Mar del Plata.

Si les 44 membres d'équipage périssent, ce serait la perte militaire la plus importante depuis la Guerre des Malouines, en 1982.




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