Découverte de maisons de torture en plein centre de Bogota

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La police de Bogota a mené mardi une opération dans un quartier chaud baptisé «Le Bronx».

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Agence France-Presse
Bogota

Des maisons de torture et de mise à mort par démembrement ont été découvertes par la police en plein centre de Bogota, dans un quartier de trafic de drogues et de prostitution, y compris de mineurs, a annoncé mardi le Parquet.

Au cours d'opérations menées pendant ce week-end colombien de trois jours, les forces de l'ordre ont identifié «trois sites où se trouvaient des cellules et des cachots, ainsi que des traces de balles sur les murs» et des restes de «sang humain», a déclaré Julian Quintana, directeur du Corps technique d'investigation (CTI) du Parquet.

«Quand les victimes avaient des blessures ouvertes, elles étaient présentées à des chiens qui les dévoraient quasiment vivantes», a-t-il précisé aux journalistes, en détaillant les méthodes de torture pratiquées dans ce quartier, baptisé «le Bronx».

Onze personnes ont été arrêtées depuis le début de l'enquête lancée il y a un an lorsque deux fonctionnaires du parquet y avaient été séquestrés et avaient fait état de tortures.

«Le Bronx» est proche de bureaux de l'armée de terre et de la police, ainsi que de la Casa de Nariño, siège de la présidence.

«Il y a une opération encore en cours car ce type de situation ne peut être toléré, surtout dans le centre de Bogota, à six pâtés de maisons du palais présidentiel», a dénoncé le chef de l'État, Juan Manuel Santos, lors du bilan hebdomadaire sur la lutte contre le crime organisé.

Dans le cadre de ces opérations, 200 mineurs victimes d'exploitation sexuelle ont été libérés au cours du week-end, ainsi que plus de 1500 sans-abri qui étaient «réduits en esclavage» et ont été transférés dans des foyers d'accueil, a rappelé M. Quintana.

Un sans-abri équatorien, Juan Cristobal Esguerra, a décrit à l'AFP les dangers de vivre dans ce quartier où, selon la municipalité, les trafics de drogue et d'armes, entre autres, génèrent près de 1,5 million de dollars par mois.

«La vie d'un être humain dans le Bronx tient à un fil: à tout moment, pour n'importe quelle erreur, on peut être assassiné, découpé en morceaux, jeté aux chiens, aux caïmans ou dissout dans ce que l'on appelle les cruches d'acide», a-t-il dit.

Les gangs qui dominent ce quartier depuis 2002 ont créé des commandos composés d'«ex-paramilitaires et anciens membres des forces de l'ordre (...) avec pour objectif de prendre le contrôle du trafic d'armes non seulement à Bogota, mais dans toute la Colombie», a précisé M. Quintana.

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