Sommet des Amériques: Obama et Castro ont rendez-vous avec l'histoire

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En décembre 2013, une fugace, mais très médiatisée poignée de main entre MM. Castro (à droite) et Obama avait été échangée à Johannesburg, en marge des hommages au défunt Nelson Mandela.

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Alexandre GROSBOIS
Agence France-Presse
PANAMA

Une page va probablement se tourner dès vendredi en Amérique: pour la première fois, des présidents américain et cubain vont se trouver face à face lors d'un Sommet continental, consacrant le rapprochement historique des deux ennemis de la guerre froide.

Ce Sommet des Amériques, où Cuba sera présent pour la première fois en 21 ans d'existence, doit célébrer vendredi et samedi à Panama une nouvelle concorde entre les 35 États américains, à la faveur du dégel annoncé mi-décembre entre Washington et La Havane.

Mais les tensions apparues ces dernières semaines entre États-Unis et Venezuela pourraient venir gâcher la fête, l'Amérique latine ayant rejeté d'une seule voix les accusations de «menace pour la sécurité des États-Unis» lancées par la Maison-Blanche à l'encontre du gouvernement socialiste de Nicolas Maduro.

Nul doute que ce dernier entend profiter de la tribune panaméenne pour donner plus de résonance à sa croisade contre Washington, qu'il accuse régulièrement de vouloir déstabiliser son pays. M. Maduro envisage d'ailleurs de présenter à cette occasion une pétition «anti-impérialiste» de millions de signatures.

Pour tenter de faire baisser la tension, Washington a dépêché mercredi un émissaire du Département d'État à Caracas, mais rien n'a filtré sur ses entretiens avec les autorités locales.

Mardi, la Maison Blanche avait déjà tenté de désamorcer la controverse en affirmant que «les États-Unis ne pensent pas que le Venezuela représente une quelconque menace», évoquant une terminologie «formelle» employée au moment de prendre des sanctions contre de hauts responsables vénézuéliens début mars.

De son côté, le président Maduro a confié par téléphone à son homologue brésilienne Dilma Rousseff qu'il était disposé «à promouvoir une baisse des tensions sur une base de respect mutuel» avec les États-Unis, selon Brasilia.

La dernière entrevue de présidents cubain et américain date de 1956, déjà au Panama, entre Fulgencio Batista et Dwight Eisenhower. En décembre 2013, une fugace mais très médiatisée poignée de main entre Raul Castro et Barack Obama avait été échangée en Afrique du sud, en marge des hommages au défunt Nelson Mandela.

Aucun entretien bilatéral n'a été programmé pour l'heure entre les deux hommes, Washington mentionnant seulement des opportunités d'«échanges» lors du Sommet. Le chef de la diplomatie américaine John Kerry va de son côté probablement s'entretenir avec son homologue cubain Bruno Rodriguez en marge du Sommet.

59% des Américains pour le rapprochement avec Cuba 

Les analystes consultés par l'AFP ne pensent pas que la question vénézuélienne puisse entraver le rapprochement USA-Cuba, même si La Havane doit faire bonne figure et afficher un soutien sans faille à ce précieux allié qui lui fournit à des conditions avantageuses plus de la moitié de son pétrole.

«Ni les États-Unis, ni Cuba je pense, ne laisseront le Venezuela interférer dans ce processus», tranche Frank Mora, directeur du Centre pour l'Amérique latine de l'université de Floride et ancien responsable régional du Pentagone sous l'administration Obama.

Toutefois «le gouvernement de Cuba va continuer à exprimer publiquement sa solidarité avec le gouvernement vénézuélien».

Sauf surprise, aucune annonce n'est véritablement attendue au Panama sur la reprise des relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba.

Après trois séries de rencontres entre hauts responsables, Washington souhaitait la réouverture d'ambassades pour avril, mais Cuba la conditionne à son retrait de la liste américaine des pays soutenant le terrorisme.

Mercredi, un sondage publié aux États-Unis a révélé qu'une majorité d'Américains (59%) étaient en faveur du rapprochement de leur pays avec Cuba.

Washington souhaite aussi profiter de ce sommet pour reprendre pied sur le continent, après avoir dépassé l'épineuse question cubaine qui l'a politiquement isolé ces dernières années.

La situation économique délicate de plusieurs pays, frappés par la chute des cours des matières premières, des débouchés en berne et un dollar fort pourrait aider les États-Unis à regagner du terrain face à la Chine, dont l'influence grandit sur son ancien pré carré.

En marge du sommet des chefs d'État, officiellement consacré au développement social, économique et politique de la région, sont prévus quatre forums de la société civile ainsi qu'une réunion alternative, le Sommet des peuples, à l'université de Panama.

Mercredi, les tensions cubaine ont rejailli au Panama, lorsqu'une centaine de militants pro-castristes ont vivement invectivé des dissidents cubains à leur arrivée au Forum de la société civile, aux cris de «vendus» ou «impérialistes», ont constaté des journalistes de l'AFP.

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