Le président bolivien Evo Morales réélu

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Arrivé au pouvoir en 2006 avec 54 % des voix dès le premier tour, Evo Morales a été triomphalement réélu en 2009 avec 64 % des suffrages. Il est le plus ancien président en exercice du continent.

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Marie SANZ
Agence France-Presse
LA PAZ

Le président bolivien Evo Morales a remporté dimanche un troisième mandat à une écrasante majorité, selon des résultats encore non-officiels lui attribuant 61% des voix, une victoire que le dirigeant de gauche a dédiée à ceux qui «luttent contre l'impérialisme».

«Merci pour ce nouveau triomphe du peuple bolivien», a-t-il déclaré depuis le balcon du palais présidentiel.

Evo Morales a estimé que ce triomphe «est celui des anti-colonialistes et des anti-impérialistes», et l'a notamment dédié «à Fidel Castro et à Hugo Chavez, qu'il repose en paix».

Selon les résultats des instituts Mori et Ipsos, relayés par les chaînes de télévision, le président l'emporte largement dans tous les départements du pays à l'exception du Beni (nord-est) qui va à son rival Samuel Doria Medina, du parti Unité Démocrate. Il repart donc pour un mandat de cinq ans.

Le département de Santa Cruz, longtemps bastion de l'opposition et le plus prospère du pays, a voté pour Evo Morales avec 49% des voix, son rival Samuel Doria Medina n'obtenant que 38%.

Au niveau national Doria Medina remporte 24% des voix, l'ex-président conservateur Jorge Quiroga 9%, le candidat du Parti Vert Fernando Vargas 3%, et le social-démocrate Juan del Granado (3%).

Ces résultats non-officiels portant sur 100% du décompte des voix «représentent une reconnaissance à la gestion du gouvernement et montrent que l'opposition de droite n'a jamais eu une vision du pays», a commenté pour sa part l'analyste de l'Université Gabriel René Moreno de Santa Cruz (est), Reymi Ferreira.

Des l'annonce des résultats, les pétards ont explosé à La Paz et des milliers de partisans du président Morales ont convergé vers la place Murillo où se trouve le palais présidentiel. Evo Morales, blouson bleu aux couleurs du MAS, est sorti sous les acclamations sur le balcon avec des membres de son gouvernement.

Il obtiendrait également 111 des 130 députés de la Chambre basse et 25 des 36 sièges de sénateurs

Quelque six millions de Boliviens ont voté dimanche dans le calme et pour la première fois, plus de 200 000 Boliviens de l'étranger ont faire entendre leur voix lors de cette huitième élection depuis le retour à la démocratie.

Craintes de l'opposition

Arrivé au pouvoir en 2006 avec 54% des voix dès le premier tour, Evo Morales avait été triomphalement réélu en 2009 avec 64% des suffrages. Il est le plus ancien président en exercice du continent.

En Amérique latine, la Bolivie est le pays à la plus forte proportion de population amérindienne et le plus pauvre, malgré d'importantes réserves d'hydrocarbures.

Un taux élevé de croissance et un climat propice aux affaires ont provoqué un rapprochement du pouvoir avec les milieux d'affaires de Santa Cruz (est), et les entrepreneurs ne sont plus en guerre ouverte contre le président auteur de la nationalisation de pans entiers de l'économie.

Sonia Tika, étudiante de Santa Cruz, a «voté pour Evo, car il a fait de bonnes choses, des routes, nous a donné des ordinateurs, des bons d'alimentation, tout ce que le peuple demande, il le donne.»

Avec le contrôle du Congrès, l'opposition craint qu'Evo Morales ait les mains libres pour modifier la Constitution en vue de réélections répétées.

«En neuf ans, nous avons appris à bien gouverner et c'est pour cela que nous gagnerons avec une large majorité», a assuré le président lors de sa dernière élocution.

Le premier président amérindien de Bolivie a affronté les électeurs fort d'une stabilité politique inédite dans un pays qui a connu 160 coups d'État depuis l'indépendance en 1825.

Le vote est obligatoire en Bolivie sous peine d'une amende élevée (environ 60 dollars). La consommation d'alcool a été interdite 48 heures avant le vote et jusqu'à 12 heures après, ainsi que le port d'armes à feu.

Faisant une longue queue dans une école transformée en bureau de vote à Laja, sur l'altiplano à une trentaine de kilomètres de la capitale, Johny Huanco, chauffeur de bus trentenaire, a prédit «une large victoire d'Evo» et de son parti, le MAS (Movimiento Al Socialismo).

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