Les Chemins des Incas déclarés «patrimoine mondial»

Voie royale millénaire, les Chemins des Incas relient... (PHOTO ERNESTO BENAVIDES, AFP)

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Voie royale millénaire, les Chemins des Incas relient aujourd'hui le Pérou, le Chili, la Colombie, l'Équateur, l'Argentine et la Bolivie dans un entrelacement de routes culminant parfois à plus de 5000 mètres d'altitude.

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Karim JAAFAR, Roberto CORTIJO
Agence France-Presse
DOHA et LIMA

Les Chemins des Incas, un chef-d'oeuvre d'ingénierie préhispanique qui traverse l'Amérique du Sud de bout en bout, a été inscrit samedi à Doha au «patrimoine mondial» par le Comité de l'UNESCO.

«Tout comme ces différentes civilisations ont su s'unir à travers le Qhapaq Ñan, nos six pays ont su travailler ensemble et unir leurs volontés», a dit le représentant du Pérou sous les applaudissements.

Voie royale millénaire, les Chemins des Incas (Qhapaq Ñan) relient aujourd'hui le Pérou, le Chili, la Colombie, l'Équateur, l'Argentine et la Bolivie dans un entrelacement de routes construites sur une période de 2000 ans et culminant parfois à plus de 5000 mètres d'altitude.

Le classement par l'UNESCO au patrimoine mondial devrait permettre à ce site de recueillir des fonds pour sa conservation, sa restauration et son développement touristique.

Tracés le long de la Cordillère des Andes, ces chemins totalisent quelque 30 000 km - dont 6000 km de route principale et de nombreuses voies secondaires - et convergent vers Cuzco - qui en quechua signifie «le nombril du monde» - la capitale de l'empire Inca (Tawantinsuyo).

Ils reliaient les différentes régions de l'empire Inca du nord de la capitale provinciale de Quito jusqu'au sud de l'actuel Santiago du Chili, ouvrant l'accès à un territoire de trois millions de kilomètres carrés.

«Pour les Péruviens, cela signifie la reconnaissance par le monde de la culture inca, qui a construit une infrastructure pour organiser tout son monde andin», a déclaré la ministre péruvienne de la Culture, Diana Alvarez, citée par l'agence de presse officielle Andina.

Il y aura le 25 juin «une grande cérémonie en présence de représentants des six pays qui sont unis par le Qhapaq Ñan», a-t-elle annoncé.

«C'est la reconnaissance de l'un des sites les plus importants au monde qui lie une série de chemins construits avant l'empire Inca», a indiqué à l'AFP Luis Lumbreras Flores, chargé du projet Camino Inca au ministère de la Culture péruvien.

La route permettait de rapprocher tous les axes productifs, administratifs et cérémoniels de l'empire Inca, afin d'unifier géographiquement son territoire et de le contrôler.

Comptabilité des bêtes, naissances et décès 

Ces chemins permettaient des liaisons rapides entre les coins les plus reculés de Tawantinsuyo et comptaient sur un réseau sophistiqué de coursiers (chasquis), porteurs de messages, des quipus (cordelettes de noeuds qui en l'absence d'écriture servaient notamment à tenir la comptabilité des bêtes, des naissances, des décès...).

Selon les historiens, les Chemins des Incas comptaient tous les 7 km un poste fortifié (pukara) qui contrôlait le mouvement des voyageurs et tous les 21 km une auberge (tambo), avant tout destinée aux fonctionnaires de l'empire.

Depuis sept ans, un groupe d'archéologues travaille à la récupération d'un tronçon des Chemins des Incas à Cieneguilla dans la vallée de Lurin, au sud de Lima, le Huaycan, qui était une ancienne voie religieuse que les Incas et les cultures précédentes utilisaient pour atteindre le sanctuaire de Pachacamac, le plus important centre de culte sur la côte Pacifique, où trône le Temple du Soleil.

Selon les archéologues péruviens, certaines sections du réseau routier sont vieilles de plus de 2000 ans et ont été construites par d'anciennes cultures pré-incas.

La route, qui peut être large de plusieurs mètres, est pavée en plusieurs endroits.

Parallèlement au Qhapaq Ñan, des routes appelées «Yungas» reliaient les villes côtières, avec des voies transversales pénétrant la jungle et l'immense plaine du Gran Chaco (Argentine, Bolivie et Paraguay).

«Il existe plusieurs routes sur lesquelles la population se déplace encore. Il y a encore des dalles et en certains endroits des murs de soutènement des deux côtés de la route», relève pour sa part l'archéologue Cristian Vizconde.

Le chercheur explique également que l'Inca Pachacutec a utilisé les routes existantes et en a construit d'autres reliant les quatre points cardinaux pour le contrôle administratif de ses domaines. Pachacutec a notamment construit la citadelle de Machu Picchu.

Ce mois-ci, un groupe d'archéologues péruviens a découvert une nouvelle section des Chemins des Incas, offrant une perspective différente de la mystérieuse citadelle.

Le tronçon de route long de 1,5 km à 2700 mètres d'altitude, abrite également un tunnel dont l'intérieur comprend des pierres sculptées, selon le ministère de la Culture.

«On ne peut pas encore voir tout le chemin car il est en grande partie recouvert par la végétation», a indiqué à la presse Fernando Astete, archéologue en chef de Machu Picchu.

«Ce chemin doit être restauré et mis en valeur en raison de son importance patrimoniale», a-t-il insisté.




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