Le Congrès américain réclame des sanctions contre Caracas

Le président vénézuélien Nicolas Maduro, à Caracas, le... (PHOTO AFP/PRÉSIDENCE VÉNÉZUÉLIENNE)

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Le président vénézuélien Nicolas Maduro, à Caracas, le 26 février.

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Agence France-Presse
Washington

Le Congrès des États-Unis prépare des résolutions condamnant la répression et les violences au Venezuela, des sénateurs demandant au président Barack Obama d'imposer des sanctions contre les responsables impliqués dans la mort de manifestants de l'opposition.

La commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants a adopté vendredi un projet de résolution déplorant «la violence inexcusable perpétrée contre les chefs de l'opposition et les manifestants, et l'utilisation croissante d'accusations pénales dans un but politique pour intimider l'opposition politique du pays», et appelant au dialogue.

«Bien que l'attention du monde se concentre plus particulièrement sur la crise en Ukraine, les enjeux au Venezuela sont tout aussi importants», a déclaré le représentant républicain Matt Salmon. «Il s'agit de la liberté, d'un pays situé dans notre plus proche voisinage qui, jusqu'à son histoire la plus récente, avait une tradition longue et fière d'adhésion aux normes démocratiques, et qui était même un allié des États-Unis».

Plusieurs sénateurs ont aussi appelé jeudi le président Barack Obama à décréter «immédiatement» des sanctions contre les responsables vénézuéliens impliqués dans la mort de manifestants.

«Il est temps d'imposer des sanctions ciblées en refusant et révoquant des visas et en gelant les avoirs de responsables vénézuéliens complices de la mort de manifestants pacifiques», a déclaré Robert Menendez, président démocrate de la commission des Affaires étrangères du Sénat.

«Nicolas Maduro et ses voyous doivent rendre des comptes pour les atrocités commises contre le peuple vénézuélien, qui incluent des incarcérations injustes, une répression violente et des manifestants innocents tués», a plaidé le sénateur républicain Marco Rubio.

Barack Obama a condamné la semaine dernière la «violence inacceptable» au Venezuela et indiqué qu'avec l'Organisation des États américains (OEA), les États-Unis appelaient «le gouvernement vénézuélien à libérer les manifestants qu'il a arrêtés et à engager un véritable dialogue».

Dix-sept morts

Dix-sept personnes ont perdu la vie au cours des manifestations étudiantes qui secouent le Venezuela depuis le 4 février, et 261 ont été blessées, a annoncé vendredi le ministère public, rendant public un nouveau bilan.

«Nous comptons jusqu'à présent 17 morts et 261 blessés», a déclaré la procureure générale du pays, Luisa Ortega Diaz, à des journalistes, précisant que la justice avait ouvert 27 enquêtes sur des cas supposés de violations des droits de l'homme.

«Le ministère public ne va permettre sous aucun prétexte que soient violés les droits de l'homme», a-t-elle ajouté, alors que les accusations de répression contre les manifestants se multiplient, du fait des forces de l'ordre ou de groupes armés non identifiés.

Mme Ortega Diaz avait indiqué jeudi qu'«un jeune homme était mort dans l'État de Carabobo (centre-nord) en démontant une barricade. Il a reçu une balle alors qu'il nettoyait la rue».

Entamées au début du mois sur le thème de l'insécurité, les manifestations étudiantes appuyées par l'opposition n'ont pas cessé depuis et se sont étendues à plusieurs villes de ce pays comptant officiellement 2,6 millions d'étudiants, les revendications s'élargissant désormais à la mauvaise situation économique et à la violence policière.

Le précédent bilan faisait état de 14 morts, dont au moins huit par balles, d'autres accidentelles (chutes, accidents de la route, etc.).

Selon le gouvernement, le mouvement touche 18 des 335 municipalités du Venezuela.




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