Le Venezuela quitte la Cour interaméricaine des droits de l'homme

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Le président vénézuélien Nicolas Maduro.

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Agence France-Presse
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Le Venezuela sort effectivement ce mardi du système interaméricain des droits de l'homme, un an après que les autorités du pays ont dénoncé la Convention sur les droits de l'homme de l'Organisation des États américains (OEA).

Désormais, le Venezuela rejette la compétence de la Cour interaméricaine des droits de l'homme (Cour IDH), organisme de l'OEA basé à San Jose, que les autorités vénézuéliennes accusent d'être inféodé à Washington.

Sur décision de l'ancien président Hugo Chavez, décédé en mars 2013, le Venezuela avait dénoncé en septembre la Convention américaine des droits de l'homme, prélude à la sortie de la juridiction de la Cour.

Lors d'une conférence de presse lundi, son successeur et dauphin, le président Nicolas Maduro, a estimé que la Cour comme la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) - deux piliers du système juridique de l'OEA - était «aux mains» des États-Unis et étaient au service de «l'empire» pour harceler le Venezuela et les gouvernements progressistes.

«La Commission (basée à Washington, NDLR) et la Cour ont malheureusement dégénéré, elles se prennent pour des pouvoirs supra-nationaux (...) C'est une décision appropriée, juste et qui de plus protège notre patrie contre toute tentative de la souiller», a ajouté M. Maduro.

La Commission, créée en 1959, est un organe consultatif de l'OEA, qui émet notamment des rapports sur la situation des droits de l'homme sur le continent et produit des recommandations. Interdite d'entrée au Venezuela depuis 2002, elle épingle régulièrement les pratiques des autorités vénézuéliennes en matière d'atteintes aux droits humains.

La saisine de la Commission est une étape préalable à celle de la Cour. Cette Cour, née en 1979, est elle habilitée à arbitrer et émettre des jugements contre les États reconnaissant sa compétence, par exemple si les recommandations de la Commission n'ont pas été suivies.

Après Trinité et Tobago en 1998, le Venezuela est le second pays de l'OEA à dénoncer le système de protection des droits de l'homme de l'Organisation, qui regroupe l'ensemble des pays américains, à l'exception de Cuba.

D'autres pays de l'OEA ne reconnaissent toutefois pas la compétence de la Cour, comme les États-Unis et le Canada, qui n'ont pas ratifié la Convention américaine des droits de l'homme.

La Cour a déjà condamné le Venezuela à une quinzaine de reprises, notamment pour des exécutions extra-judiciaires par des policiers et des militaires, des destitutions de fonctionnaires ou des atteintes à la liberté d'expression.




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