(La Havane) Plus de 300 Cubains ont réclamé lundi dans une lettre ouverte aux gouvernements américain et cubain qu’avant toute normalisation des relations entre les deux pays, La Havane « cesse la répression politique » et libère « les prisonniers politiques ».

Agence France-Presse

Parmi les signataires se trouvent des Cubains vivant sur l’île ou ayant émigré à l’étranger, dont plusieurs dissidents et des membres du mouvement 27N, du nom de la mobilisation historique d’artistes survenue le 27 novembre dernier pour demander plus de liberté d’expression.

« Que la libération, sans condition d’exil, des plus de 100 prisonniers et prisonnières politiques condamnés de manière injuste pour avoir exercé et réclamé des droits citoyens, ainsi que la légalisation de toutes les organisations de la société civile, soient le préalable au début des négociations », écrivent les signataires de cette lettre, également adressée au Congrès américain.

La lettre fixe six « conditions minimales et indispensables » pour amorcer un nouveau dégel entre les deux ex-ennemis de la Guerre froide, dont « la fin de la répression politique » et « la reconnaissance des droits civils, économiques et politiques du peuple cubain ».

« Le gouvernement cubain doit normaliser les relations avec ses citoyens comme préalable à toute normalisation avec le monde », souligne-t-elle.

Cuba et États-Unis avaient annoncé un rapprochement historique fin 2014, sur lequel est revenu ensuite Donald Trump.

« À la différence du processus antérieur », cette fois il faut que « la négociation se réalise en toute transparence, avec un accès équitable pour les médias officiels et indépendants cubains », estime la lettre ouverte.

Les signataires exigent aussi « une large participation et représentation de la société cubaine […] dans le (nouveau) processus de normalisation », qui « devra être accompagné par des médiateurs crédibles et expérimentés comme le Vatican, la Norvège et le Parlement européen ».

La liste de signataires inclut Camila Lobon et Héctor Luis Valdés, membres du 27N, des dissidents comme José Daniel Ferrer et Rosa Maria Paya, et l’historien cubain installé au Mexique Rafael Rojas.

Ce texte est publié six jours après une autre lettre ouverte au président américain Joe Biden, signée par plus de 650 Cubains, la plupart artistes, universitaires ou entrepreneurs, pour lui demander de lever l’embargo en vigueur contre l’île depuis 1962.

Il survient aussi après le dépôt aux États-Unis d’un projet de loi par le sénateur démocrate Ron Wyden, soutenu par trois autres sénateurs démocrates, demandant la levée de l’embargo américain et l’établissement de « relations commerciales normales » entre les deux pays.