(La Havane) Cuba vient d’autoriser la surveillance électronique dans les enquêtes criminelles mais sans l’accord d’un juge, suscitant les critiques des États-Unis, qui accusent La Havane de vouloir espionner les opposants et les touristes.

Agence France-Presse

Selon le Journal officiel, cette évolution de la loi vise à adapter les textes législatifs «à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme».

Le 18 novembre, le Code pénal cubain a donc été modifié et précise désormais «les techniques spéciales d’enquête».

Parmi elles, figurent «l’infiltration», les «indicateurs», l’utilisation de la «surveillance électronique», et le suivi des livraisons pouvant contenir du matériel considéré comme illégal.  

Selon le texte, le policier enquêteur doit demander une autorisation au procureur général de la République avant de mettre en place une «surveillance électronique» pour une durée de six mois renouvelables.  

«Cela existe dans tous les pays du monde. Mais à Cuba ce n’était pas régulé. La différence, c’est qu’ailleurs il faut l’autorisation d’un juge alors qu’à Cuba ça se passe entre la police et le parquet», explique le constitutionnaliste Julio Fernandez Estrada.

La «surveillance électronique» autorise les enquêteurs à «écouter et enregistrer des conversations», localiser et suivre (des suspects), prendre des photos et des vidéos, mettre sur écoute tous les types de communications, détaille-t-il.  

Le secrétaire d’État adjoint américain chargé de l’Amérique latine, Michael Kozak, a critiqué cette évolution du droit cubain.  

«Le régime castriste a promulgué une nouvelle loi qui permet la surveillance à Cuba. Le régime peut suivre, surveiller et placer n’importe qui sur écoute à Cuba sous prétexte de “réduire la criminalité”. Dans l’État policier de Castro, penser différemment est considéré comme un crime», a-t-il écrit sur Twitter.

«Les touristes peuvent choisir de visiter ou non Cuba et de se soumettre à ces atteintes à leur vie privée. Malheureusement, les Cubains, eux, n’ont pas le choix», a ajouté Michael Kozak.

L’administration Trump a durci l’embargo imposé depuis 1962 par les États-Unis en accusant le gouvernement cubain d’opprimer son peuple et de soutenir militairement le président Nicolas Maduro au Venezuela.