(Washington) La secrétaire à la Justice de Porto Rico Wanda Vazquez, qui devait remplacer temporairement le gouverneur Ricardo Rossello, poussé à la démission par un large mouvement de contestation, a décliné dimanche le poste, affirmant qu’elle n’était pas « intéressée ».

Agence France-Presse

« Je le répète, je ne suis pas intéressée par le poste de gouverneure », a déclaré Mme Vazquez sur Twitter.

« J’espère que le gouverneur identifiera et soumettra un candidat pour le poste de secrétaire d’État avant le 2 août, et je le lui ai dit », a-t-elle ajouté, prolongeant la crise politique qui dure depuis plusieurs semaines dans l’île des Caraïbes.

Les protestations y ont commencé à la mi-juillet après des révélations sur des conversations entre le gouverneur et 11 hauts responsables locaux, anciens ou actuels, sur la messagerie cryptée Telegram.

Ces hommes y échangent blagues misogynes et commentaires homophobes, visant notamment le chanteur vedette Ricky Martin.  

Dans un des messages controversés, un collaborateur de M. Rossello plaisante sur les victimes de l’ouragan Maria, qui avait fait près de 3000 morts en septembre 2017.

PHOTO REUTERS TV, REUTERS

Le gouverneur Ricardo Rossello a été poussé à la démission par un large mouvement de contestation.

Face aux manifestations d’ampleur, menées notamment par des artistes célèbres, Ricardo Rossello a annoncé mercredi qu’il quitterait le pouvoir le 2 août.  

Il a indiqué qu’il serait remplacé de façon temporaire par Mme Vazquez, le secrétaire d’État – deuxième personnage du gouvernement – ayant lui aussi démissionné à cause du scandale.

Mais l’annonce n’a pas calmé la colère des protestataires, qui demandent également son départ sur les réseaux sociaux avec le mot-clic #wandarenuncia (Wanda démissionne).

La rappeur Residente, qui a participé à plusieurs manifestations, a diffusé dimanche sur son compte Twitter un appel à un rassemblement lundi devant le ministère de la Justice à San Juan.  

Ancienne colonie espagnole devenue territoire américain avec un statut spécial d’« État libre associé », Porto Rico peine à se relever de l’ouragan Maria et quelque 44 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.

L’île est également secouée par un scandale de corruption après l’inculpation de six responsables locaux, accusés d’avoir détourné 15 millions de dollars de fonds fédéraux destinés à la reconstruction.