(La Havane) L’annulation sans raison du traditionnel défilé de la fierté gaie à Cuba a provoqué une levée de boucliers dans la communauté LGBT, qui appelle samedi à une marche alternative désapprouvée par les autorités.  

Agence France-Presse

Mardi, le Centre officiel d’éducation sexuelle (CENESEX), qui dépend du ministère de la Santé, a annoncé que la traditionnelle «conga», le défilé qui ouvre depuis 12 ans les journées contre l’homophobie et la transphobie, n’aurait pas lieu.

Le communiqué du CENESEX, institution dirigée par Mariela Castro, la fille de l’ex-président cubain Raul Castro, ne précise pas les raisons de cette annulation, évoquant uniquement «certaines circonstances qui ne contribuent pas au bon déroulement» de la marche des fiertés.  

«Les nouvelles tensions dans le contexte international et régional affectent de manière directe et indirecte notre pays et ont des conséquences sur le déroulement de notre vie quotidienne et la mise en œuvre des politiques de l’État cubain», a ajouté mardi le CENESEX, sans plus de précisions.  

Très mobilisée sur les réseaux sociaux, la communauté LGBT a appelé en réponse à une marche de protestation samedi à La Havane.  

«Ceux qui veulent vraiment défendre les journées peuvent serrer les rangs derrière le CENESEX et le comité d’organisation de cette douzième édition pour garantir leur succès», a réagi vendredi l’institution, appelant à «ne pas participer à des provocations ou à des attaques pleines de préjugés politiques».  

En dépit de l’absence de défilé officiel, les journées contre l’homophobie se tiennent du 7 au 23 mai avec une trentaine d’activités prévues dans la capitale cubaine et la ville de Camagüey.  

Washington a multiplié ces derniers mois les mises en garde et les sanctions contre La Havane, soumise à un embargo américain depuis 1962.

L'administration Trump, qui accuse les autorités cubaines de soutenir le régime socialiste de Nicolas Maduro au Venezuela, a ajouté le 17 avril plusieurs sociétés cubaines sur sa liste noire d’entreprises qui ne peuvent pas bénéficier de transactions financières américaines directes.

Par ailleurs, les États-Unis ont également activé jeudi le chapitre III de la loi Helms-Burton, qui permet aux exilés cubains de poursuivre devant les tribunaux fédéraux américains les entreprises qui ont réalisé des gains grâce à des sociétés nationalisées après 1959.

Plusieurs procédures ont déjà été lancées aux États-Unis.