Marine Le Pen et le FN dénoncent une «fatwa bancaire» contre eux

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Marine Le Pen montre une lettre de la Société Générale lors d'une conférence de presse pour dénoncer la clôture de leurs comptes.

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Paul AUBRIAT
Agence France-Presse
PARIS

Marine Le Pen et le Front national, s'estimant visés par une « fatwa bancaire », vont porter plainte pour « discrimination » contre la Société Générale et HSBC qui ont clôturé leurs comptes.

« Nous déposerons plainte tant au nom du Front national contre la Société Générale et sa filiale qu'à titre personnel je le ferai contre la HSBC », a déclaré Mme Le Pen, mercredi, lors d'une conférence de presse au siège du parti à Nanterre. Elle a appelé les « cadres, élus, adhérents, électeurs » du FN « à en tirer toutes les conséquences ».

La présidente du FN a rendu public un courrier daté du 27 juillet de la Société Générale, dans lequel la banque indique n'avoir « plus convenance à maintenir la relation de comptes » avec le FN et dénonce six comptes du parti, ainsi que les comptes d'une quinzaine de fédérations.

« Le Front national a immédiatement saisi le médiateur de la Société Générale le 11 août, qui a purement et simplement refusé d'ouvrir le moindre dossier de médiation », « preuve qu'il s'agissait bien d'une décision politique de la part de la direction de la banque et non pas d'un litige d'un client avec sa banque », a développé la députée, évoquant un « bannissement ».

« Nous sommes donc aujourd'hui privés de nos recettes. Cette situation met le Front national face à une difficulté absolument majeure et empêche le fonctionnement normal du parti », a insisté Mme Le Pen, pour qui la banque cherche « à susciter les conditions de sa ruine et donc à terme, volonté à peine cachée, sa disparition ».

Faute d'avoir trouvé une autre banque, le FN a saisi la Banque de France, qui a enjoint au Crédit du Nord d'ouvrir un compte.

Mais, selon le trésorier du parti Wallerand de Saint-Just, la banque nordiste refuse au parti de disposer de chéquier, les sorties ne pouvant se faire que par virement, et empêche que les dons puissent se faire par carte bancaire via le site internet du parti, ne permettant les entrées que par chèques et virements.

Si le parti refuse de communiquer le solde actuel, selon lui positif, de son compte - « il s'agit du secret de notre fonctionnement » -, il assure n'avoir pas connu « le moindre incident de compte », alors qu'il revendique « plusieurs dizaines de milliers d'adhérents » et « des ressources stables ».

Le FN explique en outre qu'il a contracté un prêt de 9,3 millions d'euros, mais que celui-ci arrive à échéance en 2019.

Macron « saisi » du sujet

L'ex-candidate à la présidentielle a par ailleurs indiqué mercredi que « cet acharnement » touchait également « des dirigeants à titre personnel », dont elle-même. Mme Le Pen affirme avoir reçu « ce (mercredi) matin, un coup de téléphone de Thomas Vandeville, le président de la HSBC, qui a racheté la banque Hervet où (elle) avait un compte » depuis « 25 ans » et qui, « sans aucune justification, (lui) a annoncé la clôture de (s)on compte personnel ».

Elle a promis de publier mercredi après-midi le verbatim de la conversation téléphonique.

Selon elle, ce compte jusqu'alors « quasiment en sommeil » ne recevait que ses « allocations familiales et son indemnité d'élue dans les Hauts-de-France », et ne servait qu'à payer « l'abonnement d'un bouquet satellite ».

« Il semble que les oligarchies financières qui se sentent protégées, voire encouragées par une sorte d'impunité, soient donc tentées d'intervenir de plus en plus dans le cours de la démocratie en France », a dénoncé Mme Le Pen. Elle a « saisi de ce problème » Emmanuel Macron qu'elle a rencontré mardi à l'Élysée dans le cadre de consultations sur les élections européennes.

Selon elle, le président Macron lui a « répondu qu'il allait se pencher sur le dossier ».

Mme Le Pen « en appelle aux 11 millions d'électeurs du Front national dont on cherche à étouffer la voix », « à tous les Français », ainsi qu'aux « autres partis politiques », auxquels elle va écrire.

Les plaintes pour discrimination doivent être déposées « la semaine prochaine », a indiqué M. de Saint-Just.




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